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traduits par Linguaspirit

coup de cœur

Sébastien llado est un équilibriste. Exigeant et exalté, sa musique est un voyage épicé et chaque membre de son quartet un conteur qui le soir venu nous captive de ses mélodies ondoyantes. Ouvert, lyrique et entraînant : « Avec deux Ailes » un coup de cœur Majazzotheque !

lEn écoute et en vente ici.

Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 09:22

English version

 

 

 

Nous avons ici affaire au grand succès du jazz, si populaire qu'il est presque inutile de le présenter. Chacun, même ignorant jusqu'au mot jazz,  connaît par cœur « Take Five » ou "Three To Get Ready" et "Blue rondo à la Turk",  qui inspirèrent à Claude Nougaro les chansons « Le Jazz et la Java » et « A bout de souffle ».  

Pourtant à la sortie de l’album, Columbia  - la maison de disque - n'y croit pas du tout.  Trop alambiqué pour intéresser les danseurs. Contre toute attente, le premier titre extrait en 45t est passé en boucle par deux Disc Jockey  et ne tarde pas à se hisser dans les charts. "Take Five" , malgré sa rythmique pour le moins atypique – c'est un morceau à cinq temps  - est alors un incontournable de tout juke-boxes digne de ce nom, de toutes les radios un tant soit peu à la page et des soirées dansantes du monde entier.  Aujourd’hui, "Time out" est, après "Kind of blue" de Miles Davis, le disque le plus vendu de toute l'histoire du Jazz . 

C'est sans doute là que réside la force de ce quartet phénoménal.  Dans la capacité de Dave Brubeck, ancien élève du compositeur classique français Darius Milhaud et dans une moindre mesure  d’Arnold Schoenberg, de proposer au public des compositions audacieusement avant-gardistes sans pour autant renier ni le swing ni la clarté de l'apparente simplicité entêtante de ses mélodies.   

Ce ne sont d’ailleurs pas les qualités de pianiste de Dave Brubeck qui feront son succès mais bel et bien ses talents de compositeurs.  Pour que l'alchimie du quartet prenne,  il faudra comme bien souvent une rencontre.  Elle se produira en 1944, en pleine bataille des Ardennes, sous les ordres du Général Patton et sous la mitraille allemande.  Le pianiste monte alors une formation destinée à soutenir le moral des troupes avec le saxophoniste alto Paul Desmond. Il est le saxophoniste cool par excellence. Phrasé lent, d’une grande décontraction, sonorité pure, fluide et solaire, un swing tout en élégance, curieux et novateur en toute occasion.  Leur collaboration ne cessera qu'à la mort de Paul Desmond,  trente trois ans plus tard .   

C’est à lui et non au pianiste comme on le croit souvent que l’on doit « Take Five ».  Après un concert, Dave Brubeck entend son batteur Joe Morello s'amuser à jouer en 5/4. Il met alors  au défis le saxophoniste de composer un thème sur cette structure. Peu enthousiaste, ce dernier propose finalement deux fragments mélodiques qui mit bout à bout  semblent se jouer de cette métrique tarabisquoté  pour donner vie au plus grand tube  du jazz.  Il en cèdera tous les droits d'auteur à la Croix Rouge peu de temps avant sa mort. 

En 2005, Time Out  a été choisi par la bibliothèque du congrès pour rejoindre le National Recording Registry, grande bibliothèque audio destinée à préserver le patrimoine sonore américain. 

 


  • Dave Brubeck : Piano
  • Paul Desmond : saxophone alto
  • Eugene Wright : contrebasse
  • Joe Morello : Batterie

 

 

 


                                                                                       

English version

The topic for today is jazz's great success story, so popular that it is almost pointless to introduce it. Everyone, even people who don't know the first thing about jazz, knows "Take Five" or "Three To Get Ready" and "Blue Rondo à la Turk" off by heart, songs which inspired Claude Nougaro's "Le Jazz et la Java" and "A Bout de Souffle".

However, when the album was released, Columbia - the record company - didn't believe in it at all. Too 'convoluted' to dance to. Against every expectation, "Take Five" was played non-stop by two DJs and was soon shooting up the charts. In spite of its highly atypical rhythm - in quintuple time - it became a mainstay of all respectable jukeboxes, every vaguely-trendy radio station and dance halls the world over. Today, "Time Out" is, after Miles Davis's "Kind of Blue", the best-selling record in jazz history.

The strength of this incredible quartet undoubtedly comes from the ability of Dave Brubeck (a former student of the French classical composer Darius Milhaud and - to a lesser extent - of Arnold Schoenberg) to offer his listeners audaciously avant-garde compositions without compromising on swing or on the heady, seeming simplicity of his melodies.

It is not as a pianist that Dave Brubeck would achieve success, but thanks to his talent as a composer. To complete the magical recipe of the quartet, as is often the case, an encounter was necessary. This encounter took place in 1944, right in the middle of the Battle of the Bulge, at the command of General Patton and under German machine-gun fire. In an attempt to raise troop morale, the pianist gathered together a group including alto saxophonist Paul Desmond, the "cool jazz" saxophonist par excellence. The result was slowly phrased, highly relaxed, fluid and sunny with a pure tone and an elegant swing which is always curious and innovative. Their collaboration would only come to an end with the death of Paul Desmond, thirty-three years later.

It is to Desmond that we owe "Take Five", and not, as is commonly believed, to Brubeck. After a concert, Brubeck heard drummer Joe Morello playing about with 5/4 time. He challenged Desmond to compose a theme in this time signature. The saxophonist reluctantly offered up two musical fragments which, put together, seemed to defy this convoluted time signature to produce jazz's greatest hit. Shortly before his death he would relinquish his royalty rights to the Red Cross.

In 2005, "Time Out" was chosen by the Library of Congress to be added to the National Recording Registry, a large audio library designed to preserve America's musical heritage.

 

 

 

 

·                    Dave Brubeck  :  piano 

·                    Paul Desmond  :   saxophone  alto 

·                    Eugene Wright  : bass

·                    Joe Morello  : drums

 

 

 


                                                                                       

Par Pascal - Publié dans : Dave Brubeck
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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 10:16

dinah washingtonCet enregistrement de 1957, est la quintessence de ce que l’on peut attendre d’un disque de jazz. Festif, remuant, bluesy, romantique ou mélancolique. Ce disque a surtout une particularité :. il a la capacité de mettre son auditeur  de bonne humeur.

La voix de la chanteuse drapée des arrangements sophistiqués d’un Quincy Jones d’à peine 23 ans est tout bonnement irrésistible. Un orchestre rutilant, machine à swing  extraordinaire, des solistes exceptionnels comme Clark Terry et Lucky Thomson, et une Miss D  qui nous susurre quelques balades sensuelles histoire de nous laisser reprendre notre souffle avant  de repartir en fanfare dans un  feux d’artifice  de swing à vous damner.

A noter que l’album à été augmenter de quelques titres dans la réédition de 1998, dont un pétillant  Relax Max  qui vous transportera instantanément sur une plage à l’autre bout du monde daikiri et paréo compris.

 


                                                              

Par Pascal
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 12:52

 

pochetteHank Mobley est très certainement l'un des instrumentistes les plus prolifique de  l'histoire du jazz, mais c’est principalement en tant qu’accompagnateur que son nom est passé à la postérité.

Pourtant, il fût sans aucun doute l'un des saxophonistes les plus talentueux de sa génération. Un artiste lyrique, affectionnant les mélodies inventives qui se joue comme un chat des  tensions harmoniques et rythmiques.  Ses notes, semblant couler sans effort, laissent apparaître un jeu totalement pétrit de décontraction. Tout ne semble être qu’évidence et simplicité.

A l’époque de cet enregistrement - futur classique de l’écurie Blue Note - le saxophoniste fait partie du groupe de Miles Davis et c’est tout naturellement qu’il entraîne deux de ses acolytes, le pianiste Wynton Kelly et le bassiste Paul Chambers, dans l’aventure. Pour compléter le groupe : l'explosif batteur Art Blakey qu’il connaît bien pour avoir été l’un des piliers des Jazz Messengers.

Les lignes bluesy, élégantes, fluides, épaisses, rondes et belles du saxophoniste se déroulent sur le tapis soul que tricotent tout à la joie de jouer ensemble cette section rythmique de rêve.

37 minutes de jazz sublime méritant tout simplement de figurer parmi les cinquante meilleurs albums de l'histoire du jazz.


             
         
                            
Par Pascal
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 23:03

>Depuis le début des année 50, Chet Baker est devenu une star du Jazz de la cote ouest grâce au quartet sans piano formé avec le saxophoniste baryton Gerry Mulligan. En juin 1953,  l’aventure du quartet est stoppée en plein vol. Mulligan est emprisonné six mois pour détention de stupéfiants. Chet forme alors son propre quartet et multiplie les enregistrements. En 1954, un disque va connaître un véritable triomphe à travers tout le pays : Chet Baker Sings. Le chant détimbré, presque fêlé s’impose par sa bouleversante fragilité. La voie joue  au funambule sur le même fil ténu, délicat et clair que son jeu de trompette. Désormais, le trompettiste avance à découvert, totalement à nu. La mélodie, langoureuse et languissante, menace de se désintégrer à tout moment sous ses pas et c’est paradoxalement toutes ses faiblesses révélées au grand jour qui le transforme à jamais en l'icône rebelle et romantique américaine des 50’s.


 

                                                                 

Par Pascal - Publié dans : Chet Baker
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 10:29

Lorsque Kenny Burrell enregistre ce disque pour Blue Note, il est déjà un leader et sideman reconnu pour avoir participé à une bonne centaine de sessions avec notamment John Coltrane, Dizzy Gillespie, Oscar Peterson, Coleman Hawkins, Benny Goodman, Jimmy Smith, Stan Getz, Gil Evans ou Chet Baker.

Guitariste favori de Duke Ellington, il a fait ses classes avec le bebop et est alors très recherché pour ses accompagnements particulièrement élégants où le swing prend toujours le pas sur toute velléité de démonstration de virtuosité  ainsi que pour ses soli inventifs particulièrement expressifs et efficaces.  

  A une époque où les limites du jazz ont été poussées toujours plus loin, que les improvisations se font de plus en plus complexes, Kenny Burrell met tout à plat et retourne à la racine de ses  influences musicales. Entouré du saxophoniste ténor Stanley Turrentine, du bassiste Major Holley, du batteur Bill English, et du percussionniste Ray Barretto il ralenti le tempo, se concentre sur la note bleue et grave le plus jazz des disques de blues. Groovy et décontractées, les lignes délicates du guitariste subtilement accentuées de rythmes latins, se font feutrées, pensives et racontent à qui veut bien l’entendre des histoires vieilles comme le jazz, universelles et immuables.


Par Pascal
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