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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:36

 

32157984.jpgEnregistré en 1954, cet album est sans aucun doute l’un des disques les plus essentiels de Louis Armstrong. C’est un véritable monument dans la carrière de ce musicien exceptionnel et donc un monument dans l'histoire du jazz. Le trompettiste, pourtant au moment de l’enregistrement éprouvé par d’incessants problèmes de lèvres, y déploie ses plus somptueux chorus. Chaque note, chaque contrechant  est un concentré de blues, chaque phrase est essentielle et évidente comme si les thèmes de WC Handy n’avaient été créés que pour elle.


Le titre phare Saint Louis Blues trouve d’ailleurs ici sa version définitive, neuf minutes de chant rocailleux et guttural, de rugissement de trombone, et d’ahurissants solos de trompette où Satchmo – surnom de Louis Armstrong – fait preuve d’un bout à l’autre d’un instinct d’une modernité intemporelle. 


Un florilège mélodieux et inventif, qui regorge de swing, de trouvailles, sur le plan de l’arrangement, de l’écriture et de la mise en scène de la musique qui a déjà éblouie bon nombre de générations de jazzophiles et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 11:13

 

 

26204592.jpgLe saxophoniste baryton Serge Chaloff est un stéréotype du jazzman légendaire,  tragique et romantique, lunaire,  torturé et autodestructeur dont - comme de Bix Beiderbecke à Charlie Parker - le jazz adore nourrir sa légende.

Il apprend tout d'abord à jouer du piano, puis la clarinette dans son adolescence. La double rencontre d'Harry Carney et de Charlie Parker déclenche en lui une certitude: il sera saxophoniste baryton bop. Il commence sa carrière professionnelle dans les big bands pour en 1946, rejoindre l'orchestre de Woody Herman et devenir célèbre comme l'un des "Four Brothers" en compagnie de Stan Getz,  Zoot Sims et Herbie Stewart.

Incontrolable du fait de sa dépendance à l'héroïne il quitte le groupe,  rejoint un temps le groupe de Count Basie, collabore avec Bud Powell avant d'enregistrer sous son nom pour Savoie . En 1954, il réussi à se défaire de l'héroïne après s'être  aliéné la plupart de ses collègues musiciens.

En 1956, à nouveau en possession de tous ses moyens, plus mature, il enregistre son chef-d'œuvre : Blue Serge, avec un trio composé de Sonny Clark au piano, Leroy Vinnegar à la contrebasse et Philly Jo Jones à la batterie.  

Malgré qu'ils n'aient jamais jamais joué ensemble auparavent, l'alchimie prend. Chaque note semble en place, parfaitement exécutée, comme si la moindre nuance était soigneusement choisie pour l'impact esthétique maximale.  Serge Chaloff réussi le tour de force d'avoir totalement intégré et de  transcrire au baryton les lignes mélodiques et plans très alambiqués de Charlie Parker. Son fluide et profond, technique virtuose éblouissante tout en restant tendre et nonchalant  jamais peut être le saxophone baryton ne fût mieux joué que durant cette séance.

Quelques mois après cet enregistrement, à peine agé de 33 ans, il fût emporté par un  cancer de la colonne vertébrale.

 

16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 09:22

English version

 

 

 

Nous avons ici affaire au grand succès du jazz, si populaire qu'il est presque inutile de le présenter. Chacun, même ignorant jusqu'au mot jazz,  connaît par cœur « Take Five » ou "Three To Get Ready" et "Blue rondo à la Turk",  qui inspirèrent à Claude Nougaro les chansons « Le Jazz et la Java » et « A bout de souffle ».  

Pourtant à la sortie de l’album, Columbia  - la maison de disque - n'y croit pas du tout.  Trop alambiqué pour intéresser les danseurs. Contre toute attente, le premier titre extrait en 45t est passé en boucle par deux Disc Jockey  et ne tarde pas à se hisser dans les charts. "Take Five" , malgré sa rythmique pour le moins atypique – c'est un morceau à cinq temps  - est alors un incontournable de tout juke-boxes digne de ce nom, de toutes les radios un tant soit peu à la page et des soirées dansantes du monde entier.  Aujourd’hui, "Time out" est, après "Kind of blue" de Miles Davis, le disque le plus vendu de toute l'histoire du Jazz . 

C'est sans doute là que réside la force de ce quartet phénoménal.  Dans la capacité de Dave Brubeck, ancien élève du compositeur classique français Darius Milhaud et dans une moindre mesure  d’Arnold Schoenberg, de proposer au public des compositions audacieusement avant-gardistes sans pour autant renier ni le swing ni la clarté de l'apparente simplicité entêtante de ses mélodies.   

Ce ne sont d’ailleurs pas les qualités de pianiste de Dave Brubeck qui feront son succès mais bel et bien ses talents de compositeurs.  Pour que l'alchimie du quartet prenne,  il faudra comme bien souvent une rencontre.  Elle se produira en 1944, en pleine bataille des Ardennes, sous les ordres du Général Patton et sous la mitraille allemande.  Le pianiste monte alors une formation destinée à soutenir le moral des troupes avec le saxophoniste alto Paul Desmond. Il est le saxophoniste cool par excellence. Phrasé lent, d’une grande décontraction, sonorité pure, fluide et solaire, un swing tout en élégance, curieux et novateur en toute occasion.  Leur collaboration ne cessera qu'à la mort de Paul Desmond,  trente trois ans plus tard .   

C’est à lui et non au pianiste comme on le croit souvent que l’on doit « Take Five ».  Après un concert, Dave Brubeck entend son batteur Joe Morello s'amuser à jouer en 5/4. Il met alors  au défis le saxophoniste de composer un thème sur cette structure. Peu enthousiaste, ce dernier propose finalement deux fragments mélodiques qui mit bout à bout  semblent se jouer de cette métrique tarabisquoté  pour donner vie au plus grand tube  du jazz.  Il en cèdera tous les droits d'auteur à la Croix Rouge peu de temps avant sa mort. 

En 2005, Time Out  a été choisi par la bibliothèque du congrès pour rejoindre le National Recording Registry, grande bibliothèque audio destinée à préserver le patrimoine sonore américain. 

 


  • Dave Brubeck : Piano
  • Paul Desmond : saxophone alto
  • Eugene Wright : contrebasse
  • Joe Morello : Batterie

 

 

 


                                                                                       

English version

The topic for today is jazz's great success story, so popular that it is almost pointless to introduce it. Everyone, even people who don't know the first thing about jazz, knows "Take Five" or "Three To Get Ready" and "Blue Rondo à la Turk" off by heart, songs which inspired Claude Nougaro's "Le Jazz et la Java" and "A Bout de Souffle".

However, when the album was released, Columbia - the record company - didn't believe in it at all. Too 'convoluted' to dance to. Against every expectation, "Take Five" was played non-stop by two DJs and was soon shooting up the charts. In spite of its highly atypical rhythm - in quintuple time - it became a mainstay of all respectable jukeboxes, every vaguely-trendy radio station and dance halls the world over. Today, "Time Out" is, after Miles Davis's "Kind of Blue", the best-selling record in jazz history.

The strength of this incredible quartet undoubtedly comes from the ability of Dave Brubeck (a former student of the French classical composer Darius Milhaud and - to a lesser extent - of Arnold Schoenberg) to offer his listeners audaciously avant-garde compositions without compromising on swing or on the heady, seeming simplicity of his melodies.

It is not as a pianist that Dave Brubeck would achieve success, but thanks to his talent as a composer. To complete the magical recipe of the quartet, as is often the case, an encounter was necessary. This encounter took place in 1944, right in the middle of the Battle of the Bulge, at the command of General Patton and under German machine-gun fire. In an attempt to raise troop morale, the pianist gathered together a group including alto saxophonist Paul Desmond, the "cool jazz" saxophonist par excellence. The result was slowly phrased, highly relaxed, fluid and sunny with a pure tone and an elegant swing which is always curious and innovative. Their collaboration would only come to an end with the death of Paul Desmond, thirty-three years later.

It is to Desmond that we owe "Take Five", and not, as is commonly believed, to Brubeck. After a concert, Brubeck heard drummer Joe Morello playing about with 5/4 time. He challenged Desmond to compose a theme in this time signature. The saxophonist reluctantly offered up two musical fragments which, put together, seemed to defy this convoluted time signature to produce jazz's greatest hit. Shortly before his death he would relinquish his royalty rights to the Red Cross.

In 2005, "Time Out" was chosen by the Library of Congress to be added to the National Recording Registry, a large audio library designed to preserve America's musical heritage.

 

 

 

 

·                    Dave Brubeck  :  piano 

·                    Paul Desmond  :   saxophone  alto 

·                    Eugene Wright  : bass

·                    Joe Morello  : drums

 

 

 


                                                                                             

15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 10:16

dinah washingtonCet enregistrement de 1957, est la quintessence de ce que l’on peut attendre d’un disque de jazz. Festif, remuant, bluesy, romantique ou mélancolique. Ce disque a surtout une particularité :. il a la capacité de mettre son auditeur  de bonne humeur.

La voix de la chanteuse drapée des arrangements sophistiqués d’un Quincy Jones d’à peine 23 ans est tout bonnement irrésistible. Un orchestre rutilant, machine à swing  extraordinaire, des solistes exceptionnels comme Clark Terry et Lucky Thomson, et une Miss D  qui nous susurre quelques balades sensuelles histoire de nous laisser reprendre notre souffle avant  de repartir en fanfare dans un  feux d’artifice  de swing à vous damner.

A noter que l’album à été augmenter de quelques titres dans la réédition de 1998, dont un pétillant  Relax Max  qui vous transportera instantanément sur une plage à l’autre bout du monde daikiri et paréo compris.

 


                                                              

13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 01:20

Les minstrels shows

 

Au début du 19e siècle, les minstrels shows gagnent la faveur du public. Des musiciens blancs se griment outrageusement à grand renfort de cirage noir et de rouge à lèvres épais pour caricaturer les esclaves et les chants des plantations dans des spectacles burlesques.


Certains musiciens noirs se voient alors contraints, pour accéder au monde du spectacle, de se maquiller à leur tour le visage et de s'auto-carricaturer pour obtenir les faveurs d'un public en demande de "chanteurs Éthiopiens".

Très rapidement, les groupes de minstrels de couleur seront plus prisés que leurs homologues "blancs". Leur musique est plus authentique, les instrumentistes sont souvent bien plus virtuoses et la qualité du spectacle - moins grotesque - est supérieure.

Le Cakewalk

Ces minstrels noirs ont souvent été formés à l'école des fêtes des plantations. Le maître utilisait souvent pour ses réceptions les talents musicaux de ses esclaves. Ils utilisaient alors principalement des instruments à cordes ( guitare, mandoline, violon, violoncelle, contrebasses ou banjo - instrument hybride dont l'origine africaine ne fait aucun doute. )

Les musiciens sont endimanchés pour l'occasion et clou du spectacle ils se plie au traditionnel concours de danses de salon où les pas des danses européennes sont revus et corrigés via les cultures africaines. Bien plus syncopées, déhanchées et lascives. La haute société en rafole et distribue des part de gâteau au couple de danseurs les plus démonstratifs.


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Le blues

Lorsque la guerre de Sécession prend fin en 1865, les troupes de l'Union laissent les esclaves affranchis mais désemparés et totalement à la merci du Ku Klux Klan. Les lynchages et assassinats sont alors monnaie courante.Les Lois ségrégationnistes prennent rapidement le pas sur les droits politiques et toute idée d'intégration des ex esclaves.

 

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S'en suit un véritable exode vers le mirage industriel des grandes villes. Ils y connaitront le chomage de masse et la misère. Rejetés par les blancs, contraints de vivre dans de véritables ghetto, ils dévelloperont une culture propre. De l'infortune et de l'abandon naitra cette forme majeur de l'art du vingtième siècle : Le blues.

Colporté par des musiciens itinérants,  des pianistes de tripots clandestins, les prisionniers, les forçats, les ouvriers agricoles il devient omniprésent dans la société afro américaine.

Les chanteurs et musiciens colportent alors toutes la tristesse, l'amertume et les déboires de tout un peuple.

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Il se développe le long des routes, des fleuves et des voies ferrées un genre musical autonome et indépendant qui influencera et influence encore l'ensemble de la musique occidentale. Totalement imbriqué et indissociable du jazz, le blues -en tant que tel- dépasse le cadre de ce blog.



 


Pour aller plus loin sur le sujet, faire la connaissance de Robert Johnson, Muddy Water, BB King ou autre John Lee Hooker, je ne saurais trop vous conseiller de faire un saut sur l'excellent site et forum :  


 

Le classic blues

 

A partir des années 1920 l'industrie musicale sent un public potentiel dans le public noir, elle créée alors une branche destinée aux afro-américains, les race records. 

Ces enregistrements vont considérablement accroitre la popularité des musiciens de blues.

A cette même époque apparait des chanteuses de ce que l'on nommera le classic blues. Extrêmement popolaires, les plus célèbres d'entre elles se nomment Ma Rainey et Bessie Smith.


Bessie Smith : Saint Louis Blues

 

       Issues du cabaret et du blues rural authentique ces chanteuses vont peu à peu atteindre le fimament des music hall les plus en vu. Leur train de vie est aussi fastueux qu'agité et éphémère. Elles seront une source majeure d'inspiration pour toutes les futures chanteuses de jazz et permettront à de jeunes poulains tels Fletcher Henderson, Louis Armstrong ou bien d'autres de faire leurs classes.


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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:52

 

pochetteHank Mobley est très certainement l'un des instrumentistes les plus prolifique de  l'histoire du jazz, mais c’est principalement en tant qu’accompagnateur que son nom est passé à la postérité.

Pourtant, il fût sans aucun doute l'un des saxophonistes les plus talentueux de sa génération. Un artiste lyrique, affectionnant les mélodies inventives qui se joue comme un chat des  tensions harmoniques et rythmiques.  Ses notes, semblant couler sans effort, laissent apparaître un jeu totalement pétrit de décontraction. Tout ne semble être qu’évidence et simplicité.

A l’époque de cet enregistrement - futur classique de l’écurie Blue Note - le saxophoniste fait partie du groupe de Miles Davis et c’est tout naturellement qu’il entraîne deux de ses acolytes, le pianiste Wynton Kelly et le bassiste Paul Chambers, dans l’aventure. Pour compléter le groupe : l'explosif batteur Art Blakey qu’il connaît bien pour avoir été l’un des piliers des Jazz Messengers.

Les lignes bluesy, élégantes, fluides, épaisses, rondes et belles du saxophoniste se déroulent sur le tapis soul que tricotent tout à la joie de jouer ensemble cette section rythmique de rêve.

37 minutes de jazz sublime méritant tout simplement de figurer parmi les cinquante meilleurs albums de l'histoire du jazz.


             
         
                            
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 00:18


Avec2ailes-200.jpgSébastien llado est un équilibriste. Exigeant et exalté, sa musique est un voyage épicé et chaque membre de son quartet un conteur qui le soir venu nous captive de ses mélodies ondoyantes. Ouvert, lyrique et entraînant : « A deux Ailes » un coup de cœur Majazzotheque !

http://www.lesdisquesdelily.fr/

28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 23:03

>Depuis le début des année 50, Chet Baker est devenu une star du Jazz de la cote ouest grâce au quartet sans piano formé avec le saxophoniste baryton Gerry Mulligan. En juin 1953,  l’aventure du quartet est stoppée en plein vol. Mulligan est emprisonné six mois pour détention de stupéfiants. Chet forme alors son propre quartet et multiplie les enregistrements. En 1954, un disque va connaître un véritable triomphe à travers tout le pays : Chet Baker Sings. Le chant détimbré, presque fêlé s’impose par sa bouleversante fragilité. La voie joue  au funambule sur le même fil ténu, délicat et clair que son jeu de trompette. Désormais, le trompettiste avance à découvert, totalement à nu. La mélodie, langoureuse et languissante, menace de se désintégrer à tout moment sous ses pas et c’est paradoxalement toutes ses faiblesses révélées au grand jour qui le transforme à jamais en l'icône rebelle et romantique américaine des 50’s.


 

                                                                 

25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:29

Lorsque Kenny Burrell enregistre ce disque pour Blue Note, il est déjà un leader et sideman reconnu pour avoir participé à une bonne centaine de sessions avec notamment John Coltrane, Dizzy Gillespie, Oscar Peterson, Coleman Hawkins, Benny Goodman, Jimmy Smith, Stan Getz, Gil Evans ou Chet Baker.

Guitariste favori de Duke Ellington, il a fait ses classes avec le bebop et est alors très recherché pour ses accompagnements particulièrement élégants où le swing prend toujours le pas sur toute velléité de démonstration de virtuosité  ainsi que pour ses soli inventifs particulièrement expressifs et efficaces.  

  A une époque où les limites du jazz ont été poussées toujours plus loin, que les improvisations se font de plus en plus complexes, Kenny Burrell met tout à plat et retourne à la racine de ses  influences musicales. Entouré du saxophoniste ténor Stanley Turrentine, du bassiste Major Holley, du batteur Bill English, et du percussionniste Ray Barretto il ralenti le tempo, se concentre sur la note bleue et grave le plus jazz des disques de blues. Groovy et décontractées, les lignes délicates du guitariste subtilement accentuées de rythmes latins, se font feutrées, pensives et racontent à qui veut bien l’entendre des histoires vieilles comme le jazz, universelles et immuables.


22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 13:02

A la question qu’est-ce que le swing, bien des réponses sont possibles. L’une d’entre elle – la plus juste peut être - pourrait tout simplement passer par l’écoute du « Night train » du Oscar Peterson Trio.

Un répertoire composé essentiellement de standards dont le trio légendaire se joue tout en restant fidèle à l'esprit de chaque chanson . La chimie entre les trois comparses est palpable, légendaire. Oscar Peterson, bluffant de dextérité swinguante n’a jamais semblé si à l’aise, comme si la musique coulait librement de ses doigts ; Ray Brown ronronne, fait rouler sa basse de vieux matou a qui on ne la fait pas avec souplesse et rebond ; Ed Thigpen  pour qui la batterie se fait danse, virevolte, souligne, relance et titille comme la mouche du coche. Sous leurs doigts, les notes pétilles comme des bulles de champagnes et le groove balance, déboule comme un train de nuit lancé à pleine vitesse.

Les musiciens s’en donnent à cœur joie et tout d’un coup l’auditeur à son insu voit son pied – la juste au bout de sa jambe – suivre le tempo, la tête dodeliner en rythme et nul alors n’est réellement à l’abris d’une esquisse de pas de danse incontrôlé.

Si le « It dont mean a thing if it aint got that swing» d’Ellington peut être une définition acceptable de cette musique que l’on nomme jazz, alors oui, le Night train d’Oscar  Peterson a du sens et illustre à merveille cette si indéfinissable  notion de Swing.