Mercredi 13 janvier 2010
3
13
/01
/Jan
/2010
11:17
Le saxophoniste Tenor Joe Henderson s’ingénu à pousser ce hard bop si cher à l’écurie Blue Note dont il est coutumier pour
l’emmener à l’orée de l’avant-gardisme. Les textures musicales sont riches, les détours modaux sinueux et les rythmes explosifs. Les références à
John Coltrane sont d’autant plus palpables que ses deux principaux lieutenants participent à l’aventure. McCoy Tyner et Elvin Jones retrouveront d’ailleurs le chemin de ce même studio Cliffs Rudy
Van Gelder's Englewood neuf jours plus tard pour l’enregistrement du célébrissime et définitif « Love Supreme ». Le quartet – complété par la basse souple de Rob Cranshaw - tisse sa toile entre discours enflammés, puissants et créatifs et ballade suave sans que jamais la complexité de la musique n’en masque la beauté ni la verve
dionysiaque sous tendue tout au long de l’enregistrement. Sans conteste l’un des joyaux de ce label si peu avare en chef-d’œuvres.
Par Pascal
0
Jeudi 17 décembre 2009
4
17
/12
/Déc
/2009
18:16
Pas encore le quartet historique, mais My Favorite Things marque l’arrivée de deux futurs
piliers de ce groupe inouï, certainement l’un des meilleures de l'histoire du jazz : McCoy Tyner au piano et le batteur Elvin Jones. En attendant Jimmy Garrison c’est Steve Davis qui
empoigne la contrebasse. Coltrane a découvert saxophone soprano, un instrument qui lui rappelle l'Afrique et commence son immersion dans l’harmonie des musiques arabes, africaines et
indiennes.
Le titre éponyme, une bluette à trois temps est issue de la comédie musicale la mélodie du bonheur (Sound of
Music). De versions en réinterprétations, totalement transfigurées, il sera élevé au rang d’hymne toujours renouvelé et totalement habité. Rencontre avec un jazz suprême qui marque le point de
départ de la recherche esthétique en quête d'absolu, de rythmes dionysiaques et extatiques dans laquelle va se lancer à corps perdu le futur John Coltrane Quartet.
Par Pascal
-
Publié dans : John Coltrane
0
Lundi 7 décembre 2009
1
07
/12
/Déc
/2009
09:24
Un disque à part dans la discographie de Duke Ellington. Enregistrement en petit groupe comprenant Harry "Sweets" Edison (trompette), Les Spann (guitare), Al Hall ou Sam Jone (contrebasse), Jo Jones (Batterie) et surtout le
flambant saxophoniste alto Johnny Hodges présent ici en tant que co-leader pour un répertoire ne comprenant - chose rare - aucune composition du
Duke. Composée de sept blues
classiques, pour la plupart signés WC Handy, on assiste à une sorte de jam session tout en souplesse, les chorus se succèdent, décontractés, inspirés, sans esbrouffe. Pas
de friction ni de compétition, mais une grande complicité et un plaisir évident de jouer des titres bien
rodés qu'on arpente depuis des années et qui ronronnent comme un gros chat au coin d'une cheminée, le swing en plus.
Par Pascal
-
Publié dans : Duke Ellington
0
Lundi 30 novembre 2009
1
30
/11
/Nov
/2009
12:24
Casting de choix pour Wayne Shorter :
Herbie Hancock, avec qui il partage depuis deux ans l’expérience du second quintette de Miles Davis, Reggie Workman, ancien complice des Jazz Messengers et Joe Chambers, déjà présent sur ses
précédentes sessions Blue Note. Dans ces conditions, pas étonnant que l’alchimie musicale soit palpable d’un bout à l’autre de l’enregistrement. Peut être plus facile à aborder que ces précédents
opus, le saxophoniste y propose une musique modale, diversifiée, énergique proche des canons de l’écurie Blue Note de l’époque : funk énergique, hard bop bluesy et ballade aérienne. A noter
une première apparition du titre « footprints » qui fera date.
Par Pascal
-
Publié dans : Wayne Shorter
0
Lundi 23 novembre 2009
1
23
/11
/Nov
/2009
12:37
Est-il encore nécessaire de
présenter ce monument ? Miles Davis de passage à Paris se voit proposer de créer la musique du premier long métrage que Louis Malle, alors âgé d’à peine vingt-cinq ans, vient de terminer,
Ascenseur pour l’échafaud.
Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke, l’œil rivé à l’écran improvisent alors en une
nuit, sur quelques idées esquissées par Miles Davis : un parfait contrepoint aux images du film.
La musique chaloupe, terrible et lumineuse, inéluctable presque décontractée. Enveloppée dans son manteau de
nuit, elle accompagne les protagonistes jusqu’au bout de leur destin.
« ...j'étais un cinglé de jazz...la musique d'Ascenseur est unique. C'est l'une des rares musiques
de film qui ait été entièrement improvisées... Je passais les séquences sur lesquelles on voulait mettre de la musique, et il commençait à répéter avec ses musiciens ...le film en était
métamorphosé... quand on a ajouté la musique, il a soudain décollé. » - Louis Malle
Par Pascal
-
Publié dans : Miles Davis
0