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Mardi 24 janvier 2 24 /01 /Jan 00:37

Seul Oscar Peterson, un des plus grands pianistes de l'histoire du jazz, pouvait donner naissance à un tel chef d'oeuvre de swing. 

 Avec une rythmique en or massif, Ray Brown à la contrebasse et Ed Thigpen à la batterie, le pianiste canadien  nous laisse apprécier la précision et la rapidité de son jeu ainsi que sa capacité à se tenir au plus près de l'exigence du swing dans ce qu'il a de plus organique. Ray Brown, vieux compère d'Oscar Peterson et véritable pilier du trio, est une référence d’excellence, de solidité et d’intelligence musicale. Ed Thigpen, parfois surnommé « le batteur des intellectuels », fait plus que jamais preuve d’une  puissance rythmique inventive et subtile.



                                                                   

Par Pascal - Publié dans : Oscar Peterson
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Mardi 24 janvier 2 24 /01 /Jan 00:00

En 1964, la quête folle de John Coltrane pour une musique universelle prend une nouvelle dimension avec la sortie de "A Love Supreme". Conçu comme un chant de l’âme, ce disque lumineux expose, plus que tout autre, le profond mysticisme qui anime depuis toujours l'oeuvre du musicien.

Cette suite composée en quatre temps : Acknowlegment, Resolution, Pursuance, Psalm, comme quatre étapes de l’être vers sa rédemption, représente un aboutissement. Accompagné par son quartet historique, le pianiste McCoy Tyner, le batteur Elvin Jones et le bassiste Jimmy Garrison, le saxophoniste accouche d'une œuvre à la fois visionnaire et accessible, d'une intensité poignante et d'une profonde sensibilité. 

Capable de la plus extrême douceur comme de la plus grande violence, John Coltrane s'y laisse aller à quelques furieuses envolées atonales, mais sans jamais omettre de poser avec soin quelques motifs mélodiques clairs auxquels peut s'accrocher tout au long de l'album l'oreille incertaine d'un auditeur inexpérimenté. A Love Supreme est une transe,  l’offrande du plus profond de soi ; jamais le jazz n’a été porté à un tel point d’exaltation.



                                                 

Par Pascal - Publié dans : John Coltrane
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Lundi 23 janvier 1 23 /01 /Jan 17:23

Le 25 juin 1961, le Village Vanguard, célèbre club de New-York, accueille l'un des trios les plus aboutis que le jazz nous ait offerts : Bill Evans est au piano, Scott LaFaro à la contrebasse, Paul Motian à la batterie. Les trois partenaires, rompant avec la tradition où contrebassiste et batteur se cantonnaient à un rôle d'accompagnement, se livrent à une véritable improvisation à trois et jettent du même coup les bases de ce qui sera désormais l’art du trio en Jazz. Rarement un trio aura atteint un tel niveau de communication ; certains n’ont d’ailleurs pas hésité à parler de télépathie. Au lyrisme impressionniste de Bill Evans, LaFaro répond par une ligne de basse véloce et chantante, t andis que Paul Motian souligne le discours avec délicatesse par ses effleurements et ses éclats de cymbales. Malheureusement, la mort tragique du contrebassiste quelque temps après cet enregistrement mit un terme aux explorations de ce trio d'exception.



Par Pascal - Publié dans : Bill Evans
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Lundi 23 janvier 1 23 /01 /Jan 11:59

English version

Indispensable, incontournable, inégalable... 

Kind of Blue» est un album unique, parfait, l’album de Jazz le plus vendu au monde, considéré comme l’un des plus influent de tous les temps.

 Miles Davis envoie valser les grilles d’accords, ossatures obligées de toutes pratiques jazzistiques jusqu’alors, pour ne retenir qu’un simple canevas harmonique. Un dépouillement presque choquant mais propice à de longues plages d’improvisation à même de laisser la créativité de chaque musicien explorer la mélodie jusqu’à son essence.

  Le trompettiste espère ainsi renouer avec les sonorités africaines, les airs entêtants de gospels entendus enfant alors qu’il voyageait avec son père dans l’Arkansas.

 Il n’en sera rien. 

Le pianiste Bill Evans, qui vient de quitter le groupe pour créer son légendaire trio et parce qu’il ne supportait plus les remarques raciales d’une partie du public et de Miles lui même à été rappelé pour l’occasion. Grand connaisseur de Ravel ou Rachmaninov, il impose paisiblement un climat flottant, impressionniste, emprunt de musique européenne.

Son influence est telle qu’il co-écrit deux des titres de l’album : Blue in green à partir d’un accord suggéré par Miles et Flamenco Sketches, développement d’un morceau « Peace piece » qu’il a enregistré en solo quelques mois plus tôt. Miles Davis suivant une longue tradition du jazz se les appropriera. Après tout n’en avait il pas été de même pour lui lorsque jeune recrue du groupe de Charlie Parker il s’était fait dessaisir de la paternité du si populaire Donna Lee ?

Voila certainement le plus grands talents de Miles Davis, savoir s’entourer des meilleurs et réussir à concevoir une œuvre d’une pureté telle qu’elle sublime la somme des éléments individuels qui la compose.

Tout au long de l’enregistrement John Coltrane expérimente certaines de ses recherches contemporaines, véritable début d’une quête quasi religieuse qui l’entraînera vers des sphères alors inexplorées.

Cannonball Adderley,  lui au contraire replonge dans les entrailles du blues pour y puiser ses mélodies virtuoses et fougueuses avec une évidence quasi miraculeuse. Les lignes de basses souples et puissantes de Paul Chambers s’entremêlent au jeu tout en finesse du batteur Jimmy Cobb, assurant au groupe la plus formidables section rythmique dont on puisse rêvé.

Wynton Kelly quant à lui ne tiendra le piano que sur un titre : Freddie Freeloader, un blues inspiré d’un resquilleur qui tentait régulièrement de suivre les concerts du groupe sans s’acquitter du billet d’entrée. Un choix qui s’impose comme une évidence tant le blues dans toutes ses subtilités n’a plus aucun secret pour lui.

Les séances d’enregistrement ne sont pas préparées, aucunes répétitions, à peine quelques fragments annotés de la main de Miles quelques heures avant de rentrer en studio. Les musiciens découvrent la musique au fur et à mesure qu’ils la font, rien ne doit venir troubler la spontanéité de cette création de l’instant.

Et le miracle eu lieu, Kind of blue est un modèle de musique improvisée, une exploration douce et intimiste d'une sensualité prodigieuse pour de purs moments de tensions et d’apesanteur.  

 



                                                  

 

English version

 

Indispensable, essential, unsurpassable... 

 “Kind of Blue” is a unique and perfect record, the best-selling jazz album in the world, considered one of the most influential of all time.

Miles Davis casts asides chord sequences, a rigid framework which until then had been compulsory for all jazz compositions, retaining only a simple canvas of harmonies. This almost shocking paring-down lends itself to long improvisations, giving free reign to the creativity of each musician to explore and get to the heart of the melody.

The trumpeter was hoping to get back in touch with African sounds, the emphatic notes of the gospel music he heard when he travelled in Arkansas with his father as a child.

It turned out to be nothing of the sort.

Pianist Bill Evans, who - unable to tolerate the racist remarks made by a section of the public and by Davis himself - had just left the group to form his legendary trio, was called back for the occasion. A connoisseur of Ravel and Rachmaninov, he calmly creates a flowing, impressionist mood, inspired by European music.

His influence was such that he co-wrote two of the album’s tracks: “Blue in Green”, based on a chord suggested by Davis, and “Flamenco Sketches”, the fleshing-out of a fragment called “Peace Piece” which he had recorded alone a few months before. In accordance with a long-standing jazz tradition, Miles claimed them for his own. After all, hadn’t the same thing been done to him when, as a young recruit in Charlie Parker’s group, he was relieved of the authorship of the highly popular “Donna Lee”? 

This was certainly Davis’s greatest talent: surrounding himself with the best and creating a body of work of such purity that it is greater than the sum of its individual parts.

Throughout the recording, John Coltrane put into practice some of his more modern experiments. This was the start of a quasi-religious quest which would lead him to hitherto-unexplored spheres.

Cannonball Adderley, on the other hand, returns to the roots of blues to find lively virtuoso melodies with an almost magical simplicity. Paul Chambers’ lithe and powerful bass line intertwines with drummer Jimmy Cobb’s elegant playing, giving the group the most talented rhythm section imaginable.

Wynton Kelly took to the piano on only one track: “Freddie Freeloader”, a blues number inspired by a gatecrasher who regularly tried to get into the group’s concerts without paying for a ticket. This was a natural choice, as the blues genre in all its subtlety held no secrets for Kelly.

The recording sessions were not prepared and there were no rehearsals, only a few fragments scribbled down by Davis a few hours before entering the studio. The musicians were to discover the music as they played, nothing was to disturb the spontaneity of this off-the-cuff creation.

And the miracle happened. “Kind of Blue” is a model of improvised music, a tender and deeply personal exploration of tremendous sensuality, generating moments of sheer suspense and lightness.

 

Par Pascal - Publié dans : Miles Davis
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Lundi 23 janvier 1 23 /01 /Jan 09:35
Par Pascal
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