Dire qu’Ella Fitzgerald est avec Billie Holiday la chanteuse de Jazz par excellence et certainement l'une des
plus grandes chanteuses du 20ème siècle n’a pas grand intérêt tant la chose est convenue.
Cet album enregistré en 1960 à Berlin, où elle est accompagnée par le quartette de Paul Smith, comprenant notamment la
guitare de Jim Hall, est une parfaite représentation de l’art de celle qu’on surnomma the The First Lady of Jazz. Reine incontestée du Scat et de l’improvisation, la chanteuse
atteint des sommets lorsqu’elle oublie les paroles d’un ébouriffant "Mack the Knife" et poursuit néanmoins sans hésitation en alternant scat et paroles improvisées.
Pétillante de swing, irradiant de force et de bonne humeur elle sait aussi se faire rêveuse et cotonneuse. Limpide, précise,
à l’intonation juste et au timing impeccable, la chanteuse atteint des sommets sans doute jamais égalés depuis.
Que dire de plus sinon se joindre au tonnerre d’applaudissements saluant une prestation qui écoute après écoute nous laisse
sur les genoux ?
Par Pascal
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A Toronto le 15
mai 1953, un quintet incroyable s’apprête à donner un concert mythique. Sur scène, Dizzy Gillespie à la trompette, Charlie Parker sous le pseudonyme
de Charlie Chan pour éviter les poursuite de Verve chez qui il était sous contrat au saxophone, Charles Mingus à la contrebasse et Max Roach à la batterie. Soit réunis pour la première fois les
cinq grands géants du be-bop. Pour la petite histoire la salle était au deux tiers vide, puisque le même soir ce déroulait un championnat de boxe poids lourd fort attendu entre Rocky Marciano et
Jersey Joe Walcott.
Le fantasque Parker arrive sans instrument et loue un alto en plastique blanc tandis que le jeune Mingus quant à lui prend
sur lui d’enregistrer ce concert mirifique pour le label Début qu’il a fondé avec Max Roach.
Entre l’héroïne de Parker, le degré d’alcoolémie de Powell, l’attrait qu’exerce le match sur Gillespie qui fonce en coulisse
entre deux soli pour compter les points, le désastre semble inévitable. Pourtant il se dégage de cette heure de musique une énergie, une joie de jouer contagieuse.
Parker brille comme toujours par sa vitesse et sa fluidité, Dizzy Gillespie n’a rien a lui envier en terme d’imagination
débordante, et de soli pétaradants sur des tempos haletants menés par une si trépidante section rythmique –mais en est ce encore une ? – qu’on retrouve en trio sur la deuxième partie de
l’enregistrement et où l’on profite peut être mieux encore de la virtuose implacable de Bud Powell, de la maestria de Charles Mingus et les
bouillonnements du grand Max Roach.
Historique!
Par Pascal
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En 1956, au cours d'une
tournée en Amérique du Sud entreprise sous l'égide du département d'état américain, Dizzy Gillespie rencontre, à Buenos Aires, le jeune Lalo Schifrin qui dirige alors un big band pour la
télévision argentine. Il lui demande après l'avoir entendu au piano s'il désire venir avec lui aux USA comme membre de son Quintette.
Quelques semaines plus tard, Lalo Schifrin se voit proposer par le trompettiste d'écrire un titre ou deux pour la formation. Le
pianiste lui présente alors "Gillespiana", une suite somptueuse de cinq mouvements pour big band, orchestrée et dédiée à la personne du leader. Racines plurielles, pérégrinations aux rythmes
Afro-latino-américains ou lorsque le swing du jazz se pare des richesses des rythmes latins et des structures narratives de la suite classique.
Un hymne solaire qui ouvre grand les portes du jazz à cet immense compositeur parfois un peu rapidement confiné à ses célèbres
génériques de "Mission Impossible", "Mannix" ou de "l’Inspecteur Harry" et qui permet à Dizzy Gillespie de se laisser
aller à toutes les audaces acrobatiques.
A noter que l’album se conclut par un concert au Carnegie Hall enregistré quelques mois plus tard qui
laisse la part belle aux compositions de Dizzy et aux arrangements de son protégé pour un big band de vingt-deux musiciens.
Par Pascal
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Lorsque Kenny Dorham quitte les Jazz Messengers à la fin de l'année 1955, il décide
alors de fonder son propre groupe, les Jazz Prophets, sur le même modèle.
Le trompettiste s’entoure d’un quintet comprenant J. R. Monterose au ténor, le jeune Bobby Timmons au piano, Sam Jones à la
contrebasse et le batteur Arthur Edgehill pour proposer un jazz bluesy, subtil, rythmé et aérien.
L’aventure ne durera qu’un an à peine, le groupe rencontre des problèmes financiers et Kenny Dorham est alors engagé par Max
Roach pour remplacer Clifford Brown après le décès accidentel de celui-ci .
Reste ce live au café Bohemia, avec pour l’occasion l’adjonction du guitariste Kenny Burrell - qui vient de terminer
l’enregistrement de son premier disque la veille - sur quelques titres. Merveille de spontanéité, d’une richesse mélodique absolument renversante et au swing d’une générosité
festive totalement imparable, ce disque nous offre l’instantané d’un groupe à la beauté éphémère en état de grâce.
Par Pascal
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Il est probable que peu de disques ont aussi bien porté
leur nom. Du génie, Coleman Hawkins en a à revendre et on ne lui doit rien de moins que la paternité du saxophone ténor.
Accompagné par le toujours sublime groupe d’Oscar Peterson, composé d’Herb Ellis à la guitare, Ray Brown à la basse et Alvin Stoller à
la batterie, qui mérite à lui seul l’écoute de cet album, the Bean distille ses improvisations d’une façon évidente et définitive, avec sensualité et émotion, comme un vieil amoureux contant une
histoire vécue tant de fois qu’elle fait partie de sa chair mais qu'il prend pourtant plaisir à réinventer, à magnifier à chaque évocation. Lyrique, moelleux, mordant, le Faucon plane sur ces
mélodies qu’il a faites siennes, goûte les harmonies, joue avec les couleurs et les timbres et nous donne sa définition du génie et de la perfection. Une grande leçon de musique.
Par Pascal
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