Enregistrés alors que John Coltrane fait encore partie du groupe de Miles Davis, les morceaux "Giant Steps" et "Naima" seront mis en boîte entre deux séances du fameux "Kind of Blue" ; le saxophoniste se délivre de ses obsessions harmoniques, de ces grilles d'accords qu'il répète à l'infini afin d’en découvrir l'extrême limite.
Entouré de Tommy Flanagan au piano, du contrebassiste Paul Chambers auquel il dédie le titre « Mr. P.C. » et d'Art Taylor à la batterie - Flanagan et Taylor sont remplacés par Wynton Kelly et Jimmy Cobb sur le titre "Naima" -, Coltrane empoigne son ténor et le fait chanter comme nul autre, n'hésitant pas à repousser les séquences d'accords du Be-Bop, ce qui fit scandale à l’époque.
Du hard bop virtuose de "Giant Steps" à la merveilleuse ballade intitulée "Naima", en hommage à son épouse, cet album marque l'achèvement d'une période de l'histoire musicale du saxophoniste et le départ à pas de géant vers d'autres horizons. Un des jalons les plus importants de l'histoire du jazz.
En pleine effervescence hard-bop, le groupe qui s'en voulait le plus ardent messager se laisse aller avec allégresse au déferlement d’énergie drainé par l’infatigable Art Blakey.
Wayne Shorter et Freddie Hubbard, propulsés par une section rythmique impériale, le pianiste Cedar Walton et le contrebassiste Jymie Merrit, se jettent à corps perdus dans le feu de leurs solos débridés, ponctués par les roulements de Blakey et le trombone de Curtis Fuller.
Morceau de bravoure d’une discographie surabondante et superlative où les Messagers déploient une musique chaleureuse, audacieuse et jubilatoire qui ferait danser un tamanoir.
Cet album est la réédition ECM de deux enregistrements, "Fusion" et "Thesis", initialement enregistrés sur Verve en 1961.
Jimmy Giuffre réunit, avec Paul Bley au piano et Steve Swallow à la contrebasse, un nouveau trio pour inventer une musique pure et intimiste. Véritable jazz de chambre qui garde aujourd’hui encore toute sa contemporanéité, les mélodies signées Carla Bley sont de véritables miniatures où le silence et l’impression de flottement jouent autant que la beauté boisée des notes.
"Fusion", disque ascétique, fourmille d'idées et de trouvailles d'écriture. Le temps semble s’y être arrêté. "Thesis" est lui plus anguleux, l’harmonie s’y fait inquiète, le mouvement y reprend ses droits et les musiciens ne craignent pas de s’écarter de la tonalité pour plonger plus avant dans l'abstraction.
Une musique à savourer lentement et longuement…
En ces temps de grands changements – le hard bop bat son plein tandis que le Free Jazz s’approche à grands pas –, Charles Mingus remonte aux sources de l’église noire et de la brutalité de ton du jazz primitif. Le contrebassiste se fait prédicateur hurlant le blues, fait parler son groupe comme on fait parler la poudre.
L’orchestre, composé de Jackie McLean et John Handy au saxophone alto, de Booker Ervin au ténor, du saxophoniste baryton Pepper Adams, des trombonistes Jimmy Knepper et Willie Dennis, d'Horace Parlan ou Mal Waldron au piano et du fidèle batteur Dannie Richmond, exprime une spontanéité et une ferveur de tous les instants.
La musique de Mingus, pleine de bruit et de fureur, innove dans la tradition, rudoie les repères du genre afin de mieux les recréer.
Indispensable !
Pour son premier album enregistré sur le label Blue Note en 1962, Herbie Hancock, alors jeune prodige âgé de 22 ans, frappe un grand coup et installe d'entrée de jeu sa vision du jazz, une écriture mûrement pensée, un sens affûté de l’espace et se révèle être un pianiste hors pair qui éprouve une passion démesurée pour la soul et le rythm’n blues. Accompagné par le saxophone ténor Dexter Gordon, le trompettiste Freddie Hubbard, le batteur Billy Higgins et le contrebassiste Butch Warren, il signe l’un de ces ouvrages que tout amateur de jazz se doit de connaître sur le bout des doigts, l’un de ces ouvrages que même ceux qui ne s’intéressent pas au jazz connaissent. Véritable manifeste de jazz soul aux mélodies sensuelles, immédiatement mémorisables et pourtant d’une grande richesse harmonique, le hit « Watermelon Man », d’une formidable vitalité et accessible à tous, compte parmi les plus beaux succès du pianiste.
Quarante ans plus tard, le marchand de pastèque d’Herbie Hancock n’a pas pris une ride.














