Mardi 25 avril 2006

Steve Coleman, qui fut d’abord influencé par James Brown et Pfunk avant de rencontrer Coltrane et Charlie Parker, est un musicien mystique. Sufi moderne des cultures musicales urbaines, il cherche sans relâche à apprendre des autres et du monde. Il refuse les carcans, les écoles et leur préfère de loin l’ivresse de l’expérience et des terres vierges aux confins du jazz. Décochant inlassablement des improvisations hypnotiques dans un hallucinant bouillonnement rythmique, il est sans conteste le porte parole de la Great Black Music de ce début de siècle. 

Accompagné ici de la Mystic Rythm Society (groupe de onze musiciens dont le digne héritier Ravi Coltrane), il se rend à Cuba à la rencontre du groupe Afro Cuba de Mantanzas et de leurs tambours batàs. Les obsédantes spirales sonores du Chicagoan percutent alors de plein fouet l’authenticité primitive de la tradition Yoruba, culture ésotérique à l’origine du candomblé brésilien, de la santéria Cubaine et du vaudou Haïtien et dont les racines plongent au Bénin et au Nigeria. 

A l’arrivée, une fusion sublime, dense et tenue,  véritable déferlante discontinue d’appels à la transe auxquels il serait bien vain d’opposer la moindre résistance.

  

 

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Lundi 24 avril 2006

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Vendredi 21 avril 2006
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Mercredi 19 avril 2006

Rahsaan Roland Kirk a un moment souffert de l’image d’Epinal d’un aveugle multi-instrumentiste enfournant trois cuivres dans sa bouche, arbre cachant la forêt de générosité d’un musicien hors du commun, créateur d’un univers sonore totalement nouveau quoique profondément marqué par l'essence du blues, et doué d’une technique rare. Le grand Mingus ne s’y est pas trompé en le choisissant pour son magistral album "Oh Yeah !". Ici, entouré de Ron Burton au piano, du bassiste Steve Novosel, du batteur Jimmy Hopps et du tromboniste Dick Griffith, il décrasse avec humour et gourmandise tout l’éventail de la great black music dans un programme profondément introspectif. Blues furieux, prêche enfiévré dans lequel résonnent la clameur de la soul et l’esprit du free : Roland Kirk exulte et dans sa bouche les mélodies les plus simples se changent en chant d’amour universel d’une intensité saisissante.   

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Mercredi 19 avril 2006

 

 

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