On sort de ce disque rêveur, les oreilles emplies de soleil avec un doux sentiment d'avoir flâné quelques instants dans de charmantes ruelles romaines.
Retour de vacances difficile ? Le corps dans les bouchons, la tête encore au soleil ? Qu'à ne cela ne tienne, voici le disque parfait pour prolonger l'indolence et le farniente.
Helen Merrill égrène sur le ton de la confidence sensuelle des standards enregistrés pour la télévision italienne avec l'orchestre de Piero Umiliani.
Les lectures du présentateur Fernando Caiati annonçant chacun des titres laissent flotter un doux parfum de basilic frais, d'oliviers et d'amande sur ce somptueux tour de chant.
"Focus" est une œuvre à part dans la discographie de Stan Getz. Bien plus qu'un mélange de jazz et de musique classique, il s'agit d'une suite de compositions raffinées d'Eddie Sauter - connu pour ses arrangements pour Benny Goodman - pour petit orchestre à cordes comprenant harpe et quatuor.
Ballet d'ombres sur une mer de glace d'une contemporanéité extraordinaire, merveille d'invention mélodique, où le saxophoniste se déplace avec la grâce d'un danseur, se livre, pensif, unique et fascinant, totalement original d'un bout à l'autre.
Sept miniatures impressionnistes aux réminiscences de de Falla, Ravel et Stravinsky où chaque note est parfaite, lecture définitive de cette musique sincère et belle.
Cette fois ci, la messe est dite... Miles allume la chaudière du binaire, le diamant se craquelle et des torrents de lave fusion se répandent sur les 70's. Dépassant son statut de génie du jazz, the Prince of Darkness devient star, sa stature de gourou surplombe la jungle urbaine dans laquelle feulent ses entrelacs de rythmes vaudous qu’arpente une basse panthère noire. Plus question ici de thème, le rythme qui se déverse sert autant de moteur que de matériel thématique et Miles seul soliste surfe sur le magma sonore généré par les claviers de Joe Zawinul, Chick Corea et Larry Young, la guitare tendue de John McLaughlin, le sax acéré de Wayne Shorter, les fûts incantatoires de Jack DeJohnette, Jim Riley, Charles Alias, la basse hypnotique de Dave Holland ou Harvey Brooks et les plaintes animales de la clarinette basse de Bennie Maupin.
Les hordes bigarrées envahissent la ville et la musique ne sera plus jamais la même.
Dire qu’Ella Fitzgerald est avec Billie Holiday la chanteuse de Jazz par excellence et certainement l'une des plus grandes chanteuses du 20ème siècle n’a pas grand intérêt tant la chose est convenue.
Cet album enregistré en 1960 à Berlin, où elle est accompagnée par le quartette de Paul Smith, comprenant notamment la guitare de Jim Hall, est une parfaite représentation de l’art de celle qu’on surnomma the The First Lady of Jazz. Reine incontestée du Scat et de l’improvisation, la chanteuse atteint des sommets lorsqu’elle oublie les paroles d’un ébouriffant "Mack the Knife" et poursuit néanmoins sans hésitation en alternant scat et paroles improvisées.
Pétillante de swing, irradiant de force et de bonne humeur elle sait aussi se faire rêveuse et cotonneuse. Limpide, précise, à l’intonation juste et au timing impeccable, la chanteuse atteint des sommets sans doute jamais égalés depuis.
Que dire de plus sinon se joindre au tonnerre d’applaudissements saluant une prestation qui écoute après écoute nous laisse sur les genoux ?
A Toronto le 15 mai 1953, un quintet incroyable s’apprête à donner un concert mythique. Sur scène, Dizzy Gillespie à la trompette, Charlie Parker sous le pseudonyme de Charlie Chan pour éviter les poursuite de Verve chez qui il était sous contrat au saxophone, Charles Mingus à la contrebasse et Max Roach à la batterie. Soit réunis pour la première fois les cinq grands géants du be-bop. Pour la petite histoire la salle était au deux tiers vide, puisque le même soir ce déroulait un championnat de boxe poids lourd fort attendu entre Rocky Marciano et Jersey Joe Walcott.
Le fantasque Parker arrive sans instrument et loue un alto en plastique blanc tandis que le jeune Mingus quant à lui prend sur lui d’enregistrer ce concert mirifique pour le label Début qu’il a fondé avec Max Roach.
Entre l’héroïne de Parker, le degré d’alcoolémie de Powell, l’attrait qu’exerce le match sur Gillespie qui fonce en coulisse entre deux soli pour compter les points, le désastre semble inévitable. Pourtant il se dégage de cette heure de musique une énergie, une joie de jouer contagieuse.
Parker brille comme toujours par sa vitesse et sa fluidité, Dizzy Gillespie n’a rien a lui envier en terme d’imagination débordante, et de soli pétaradants sur des tempos haletants menés par une si trépidante section rythmique –mais en est ce encore une ? – qu’on retrouve en trio sur la deuxième partie de l’enregistrement et où l’on profite peut être mieux encore de la virtuose implacable de Bud Powell, de la maestria de Charles Mingus et les bouillonnements du grand Max Roach.
Historique!














