Mercredi 7 octobre 2009
 Leapin' and Lopin' est le dernier enregistrement de Sonny Clark en tant que leader. Le pianiste mourra deux ans plus tard  d’une over dose d’héroïne.

A à son habitude, il combine un swing hard bop et un phrasé tout en délicatesse qui rendit fous tous ses contemporains. Bill Evans lui-même ne cachait pas son admiration et composa en son honneur le fameux N.Y.C.'s No Lark,  anagramme que je livre à votre sagacité.

Le pianiste est ici entouré du trompettiste Tommy Turrentine, le couple légendaire Butch Warren et Billy Higgins, le saxophoniste Charlie Rouse dont c’est décidemment un bonheur que de l’entendre dans un contexte différent du quartet de Monk et un passage éclair mais pour le moins remarquable d’Ike Quebec sur le titre Deep in a dream.

Leapin' and Lopin' sonne comme le testament d’un musicien compositeur d’exception, tous les styles de son jeu sont passés en revu, ballade quasi méditative, hard bop pétaradant gorgé de blues, rythmes latins… le genre de disque qui vous accompagne une vie entière. 




Par Pascal
- Voir les commentaires - Recommander
Mardi 13 mars 2007
 Rencontre au panthéon du jazz. Duke Ellington le maître de jazz, créateur d'une oeuvre immense parmi les plus significatives du 20ème siècle, pianiste, chef d'orchestre et arrangeur de génie, est l'un des grands légataires de l'héritage musical de l'Amérique. John Coltrane est le fer de lance du mouvement avant-gardiste dans le jazz des années soixante ; il en a fait exploser les conventions, créé une oeuvre mystique et lumineuse et a entraîné à sa suite la musique dans une effervescence de sons.  Ici pas de choc des titans ; les deux géants, accompagnés de Jimmy Garrison et Elvin Jones ou de Aaron Bell et Sam Woodyard, vont dans le sens l'un de l'autre, tout en finesse et en virtuosité, sans que ne s'altèrent en rien l'intensité, la luminosité et la dimension en tous points exceptionnelle de ce qui se passe sous nos oreilles.  

Duke fournit presque l'ensemble des compositions et si l'ambiance est plutôt swing et décontractée, entraîné par les envolés magistrales de Trane , il pousse les thèmes dans des sphères d'une totale contemporanéité. 

Il n'y a qu'à écouter les premières mesures de "In A Sentimental Mood" pour comprendre les sommets qu'atteignent ici les deux monstres sacrés

 

 

Par Pascal - Publié dans : Duke Ellington
- Voir les commentaires - Recommander
Lundi 13 novembre 2006
Peut-être jamais un titre d’album n’aura aussi bien décrit l’enregistrement qu’il contient. Rien de moins que l’un (le ?) des plus beaux albums du plus grand pianiste be bop, l’un des rares qui côtoya les strates géniales arpentées par Charlie Parker.  Volubile, souple, complexe, véloce, ayant du goût pour les mélodies, il est un modèle d’ingéniosité et de délicatesse.
Les véhémences de ses traits trouvent ici en Ray Brown –remplacé par Curley Russell sur la seconde partie de l’album - et Max Roach  une charpente à la démesure de ses estafilades poétiques et virtuoses.
Un piano fiévreux et étourdissant dont les touches, artificiers exaltés, énoncent les formes d’une certaine modernité, pour l’éternité.
Par Pascal - Publié dans : Bud Powell
- Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 18 octobre 2006

"Blues Pastel", titre ironique pour un album dont le répertoire n’est que partiellement composé de blues mais dont chaque morceau est empreint de sa force et de sa douleur. 

Les interprétations de Nina Simone sont puissantes, de grandes envolées pianistiques aux rythmes proches de la transe, le grain si particulier de sa voix charnelle, profonde, oscillant entre velours et âpreté. 

Elle narre l’amour déçu, la faiblesse des hommes, la bassesse de la nature humaine avec un ton acide et corrosif, trahissant les blessures et l’amertume de sa communauté pour qui elle n’hésite pas à s’engager. Car toujours, à l'époque des mouvements de revendications noires, le blues de la Diva révoltée se fait l’écho de sa conscience politique tranchante et de son implication dans les combats pour les droits civiques. 

Ici, la grande prêtresse se montre sous toutes ses facettes : sereine, militante, émouvante, révoltée.

Elle arrache les tripes, l'âme et le cœur pour envahir les moindres recoins de l’être et le laisser dans un absolu abandon. 

 

Par Pascal - Publié dans : Nina Simone
- Voir les commentaires - Recommander
Lundi 9 octobre 2006

Formation mythique, le quartette unissant Thelonious Monk et John Coltrane s'est produit au Carnegie Hall pour deux concerts donnés le 29 novembre 1957 avec une rythmique constituée du contrebassiste Ahmed Abdul-Malik et du batteur Shadow Wilson. Aucun enregistrement documentant ce périple ne semblait exister, jusqu'à ce qu’en février 2005, Larry Applebaum trouve sur les étagères de la  Library Of Congress des bandes sur lesquelles on peut lire "Carnegie Hall Jazz 1957". Quand il voit marqué au dos de l'une d'entre elles "T. Monk", il comprend qu'il tient une pépite entre les mains. 

Près d'une heure de bonheur absolu durant lesquelles le quartet enchaîne des classiques Monkiens attaqués avec un mordant, une énergie joyeuse en tout point jouissifs.  

Les enchevêtrements synergiques des deux musiciens font merveille,  Coltrane ne court pas simplement les accords mais structure ses solos sur la plénitude des idées mélodiques et rythmiques de Monk. Le pianiste le laisse voler sur les courants aériens ascendants de l'énergie créés par le tandem basse/batterie avant de faire valoir ses droits de docteur es tensions-et-dissonances, ponctuant le discours de complexités rythmiques et harmoniques qui semblent encore stimuler l'exploration du saxophoniste dans une osmose à chaque instant renouvelée. 

Qui plus est, la prise de son est excellente. 

Que rajouter sinon que la "Library of congress" estime détenir quelques 2,5 millions d'enregistrements radio dans tous les formats possibles…

 

Par Pascal - Publié dans : Thelonious Monk
- Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés