Keith Jarrett est un musicien touché par la grâce, un des artistes majeurs de notre époque. Nourri d’une vaste culture musicale, son style est marqué par un goût absolu pour l’improvisation, un lyrisme empli de liberté. Le trio qu’il forme depuis 1977 avec le contrebassiste Gary Peacock et le batteur Jack DeJohnette est lié par une exceptionnelle cohésion d’esprit, il a atteint un niveau d’interaction et d’invention tout bonnement stupéfiant. Les mélodies sont autant d’envoûtements, d'aériennes envolées à la limpidité évidente, effluves de sensualité sur lesquelles plane l’ombre du Prince of Darkness.
Avec un tel hommage le sourire de Miles n’est pas prêt de s’effacer.
"Dear Ella", l'hommage de Miss Bridgewater à son illustre aînée, évite l'écueil de l'imitation et de la reproduction servile. Entourée de formidables musiciens - Lou Levy (piano), Kenny Burrell (guitare), Milt Jackson (vibraphone), Grady Tate (batterie), Slide Hampton (trombone), Cecil Bridgewater (trompette), Antonio Hart (saxophones) et Ray Brown (contrebasse et mari d'Ella Fitzgerald !) - elle conjugue énergie, virtuosité, swing et grâce dans un tour d'horizon complet des atmosphères emprunté avant elle par Ella : Big Band, trio, duo. Experte ès scat, à l'aise dans tous les contextes et sur tous les tempos, sensuelle, nuancée et expressive, elle donne de ces chansons une interprétation parfaitement personnelle et enthousiaste. Une voix puissante et torride, une présence incomparable, une orchestration riche et somptueuse, the first lady of jazz n'aurait pu rêver plus bel hommage.














