Vendredi 24 février 2006

Rencontre exceptionnelle de trois géants du jazz qui nous offrent une musique sublime, gorgée d'une énergie folle, de beauté et de sensibilité. Elle allie l’impressionniste diaphane au moderniste le plus endiablé, comme envoûtés par les tam-tams de la jungle urbaine. Loin d’être un hommage au Duke par de célèbres faire-valoir, la séance se révèle explosive : Mingus slappe avec ardeur les cordes de sa contrebasse ; le jeu naturellement percussif de Duke Ellington apparaît franchement révolutionnaire ; Max Roach déploie une énergie indomptable avec une exactitude et un à propos sidérants. Explosive à tous les points de vue, puisque c’est durant cette session légendaire que le torchon brûle définitivement entre Mingus et Roach, ce qui explique peut-être la tension palpable qui se dégage de la session.

Plus qu’un éblouissant disque de jazz, il s’agit ici d’un pont reliant l’ancien et le nouveau monde de la musique afro-américaine.

par Pascal publié dans : Duke Ellington

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