Après six années d’une fulgurante carrière, Eric Dolphy enregistre en février 1964 avec un quintette incisif et ardent comprenant le trompettiste Freddie Hubbard, le vibraphoniste Bobby Hutcherson, le bassiste Richard Davis et le batteur Tony Williams un chef d’œuvre à la charnière du bop et du Free Jazz. Saxophone alto, clarinette basse, flûte égrènent une musique incroyablement fraîche et déroutante, suite d’images aussi variées que novatrices, équilibre parfait des passages construits et savamment déstructurés. Mélodies mystérieuses et suggestives, zébrures, hachures, délires aériens, en véritable passeur Dolphy fait preuve d'une insolente liberté et laisse libre cours à ses échappées folles.
Disque difficile mais essentiel, "Out to Lunch" est l'un des piliers d'un jazz libéré, une démarche poétique, qui loin de tout intellectualisme choisit de faire la synthèse d’une tradition dont il prend plaisir à éclater les formes pour en extraire le suc.
Commentaires
Dans ta série il manque Abduhla Ibrahim...
entre autres...
A bientôt Pierre-Yves
bravo pour la chronique, Pascal. Je me répète
SysTooL
Je sais que tu l'aimes celui-ci mais je ne pensais quand même pas au point d'escalader le premier...
je l'aime beaucoup aussi mais il en aurait des tas à remonter chez moi... c'est pas contre lui hein, c'est que j'aime tant les autres...
Les Dolphy, c'est comme les Mingus ou les Monk... en parler est une évidence mais choisir le premier... ce n'est pas si evident. Avec Miles c'est plus simple au moins, il y a Kind of Blue.... Celà dit je n'ai pas choisi out to lunch vraiment par hasard, c'est tout de même un de ceux que je préfère chez lui...
Hein? Qui ça?
rufus Reid, je l'ai réécouté dans Manhattan symphony de Dexter Gordon... il est vraiment excellent... il a un moelleux une souplesse extraordinaire les solistes n'ont plus qu'à laisser glisser... et puis il a une touche... une vraie tête de Muppett Show! Enfin il avait... la vieillesse l'a bien arrangé lui...
Ron Carter me fait fondre, de toute façon le simple fait de participer aux Miles smile, Sorcerer, Miles in the sky et j'en passe lui donne à mes yeux une stature d'icone... d'autant qu'il est loin de faire de la figuration... c'est quand même la Rolls des bassistes actuels...
Tiens, j'aime aussi beaucoup Cleveland Eaton, le bassiste bubble-gum (avec Basie et Ramsey Lewis), et John Clayton aussi. Et celui qui est avec Freddy Cole... Bah, de toute façon il n'y a pas un seul bassiste que je n'aime pas, je crois. Il y en a juste certains que j'adore un peu moins que d'autres...













