Enregistrés alors que John Coltrane fait encore partie du groupe de Miles Davis, les morceaux "Giant Steps" et "Naima" seront mis en boîte entre deux séances du fameux "Kind of Blue" ; le saxophoniste se délivre de ses obsessions harmoniques, de ces grilles d'accords qu'il répète à l'infini afin d’en découvrir l'extrême limite.
Entouré de Tommy Flanagan au piano, du contrebassiste Paul Chambers auquel il dédie le titre « Mr. P.C. » et d'Art Taylor à la batterie - Flanagan et Taylor sont remplacés par Wynton Kelly et Jimmy Cobb sur le titre "Naima" -, Coltrane empoigne son ténor et le fait chanter comme nul autre, n'hésitant pas à repousser les séquences d'accords du Be-Bop, ce qui fit scandale à l’époque.
Du hard bop virtuose de "Giant Steps" à la merveilleuse ballade intitulée "Naima", en hommage à son épouse, cet album marque l'achèvement d'une période de l'histoire musicale du saxophoniste et le départ à pas de géant vers d'autres horizons. Un des jalons les plus importants de l'histoire du jazz.
"Blue Train" de John Coltrane est un album mythique de l'histoire du jazz.
Le saxophoniste, entouré de Lee Morgan à la trompette, Curtis Fuller au trombone, Kenny Drew au piano, Paul Chambers et Philly Jo Jones respectivement à la contrebasse et à la batterie, propose un album d’un hard bop mâtiné de blues d’apparence relativement classique mais qui transcende véritablement le genre et affirme une singulière personnalité. L'énergie débordante mais maîtrisée qui s’échappe de chaque note du saxophoniste en fait une recherche incessante d'un artiste en quête d’intensité, d’humanité et de profondeur.
Un moment d'exception …
En 1964, la quête folle de John Coltrane pour une musique universelle prend une nouvelle dimension avec la sortie de "A Love Supreme". Conçu comme un chant de l’âme, ce disque lumineux expose, plus que tout autre, le profond mysticisme qui anime depuis toujours l'oeuvre du musicien.
Cette suite composée en quatre temps : Acknowlegment, Resolution, Pursuance, Psalm, comme quatre étapes de l’être vers sa rédemption, représente un aboutissement. Accompagné par son quartet historique, le pianiste McCoy Tyner, le batteur Elvin Jones et le bassiste Jimmy Garrison, le saxophoniste accouche d'une œuvre à la fois visionnaire et accessible, d'une intensité poignante et d'une profonde sensibilité.
Capable de la plus extrême douceur comme de la plus grande violence, John Coltrane s'y laisse aller à quelques furieuses envolées atonales, mais sans jamais omettre de poser avec soin quelques motifs mélodiques clairs auxquels peut s'accrocher tout au long de l'album l'oreille incertaine d'un auditeur inexpérimenté. A Love Supreme est une transe, l’offrande du plus profond de soi ; jamais le jazz n’a été porté à un tel point d’exaltation.




