Lundi 13 novembre 2006
Peut-être jamais un titre d’album n’aura aussi bien décrit l’enregistrement qu’il contient. Rien de moins que l’un (le ?) des plus beaux albums du plus grand pianiste be bop, l’un des rares qui côtoya les strates géniales arpentées par Charlie Parker.  Volubile, souple, complexe, véloce, ayant du goût pour les mélodies, il est un modèle d’ingéniosité et de délicatesse.
Les véhémences de ses traits trouvent ici en Ray Brown –remplacé par Curley Russell sur la seconde partie de l’album - et Max Roach  une charpente à la démesure de ses estafilades poétiques et virtuoses.
Un piano fiévreux et étourdissant dont les touches, artificiers exaltés, énoncent les formes d’une certaine modernité, pour l’éternité.

Mercredi 15 février 2006

Bud Powell fut à la fin des années quarante l'un des principaux créateurs du be-bop avec Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Pianiste à la technique ébouriffante, il dévoile dans son jeu une intensité, une ferveur et une inventivité qui le classeront au panthéon de l’art pianistique. Ces sessions en trio (il y est accompagné par Curly Russell et Max Roach ou George Duvivier et Art Taylor), gravées pour Blue Note durant une période de répit, avant que la drogue, les tourments et les hôpitaux psychiatriques altèrent et interrompent définitivement une œuvre d’exception, touchent à l’évidence. Vitesse et précision, lignes dures et sinueuses, un langage intense et abstrait : on le voit, toujours au bord de la rupture, tenter sans fin de faire reculer ses propres limites. Bud a tant de choses à dire, qu’il semble ne jamais vouloir s'arrêter. Comment ne pas être touché par une telle personnalité, totalement habitée par l’incandescence de son chant intérieur?

W3C

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