Dimanche 26 février 2006

Presque un album testament ; Lester Young est de ces musiciens dont les dernières années, jusqu’aux ultimes traces, nous plongent dans une aube crépusculaire au swing indolent qui prend au tripes. 

Porté par une rythmique de rêve emmenée par un Teddy Wilson au toucher tout en finesse et à l’intelligence harmonique rare, Gene Ramey à la contrebasse et l'aérien Jo Jones à la batterie, il oscille entre une volubilité paresseuse et l'abandon pur et simple. 

Le souffleur puise dans son sens de la ballade, glisse sur l’art de l’effleurement de son timbre plein, aérien et légèrement vacillant. Il y a, dans ses phrases qui traînent une fraîcheur virginale préservée, un vertige existentiel qui le consume à petit feu. 

Sans doute l'un des albums de Lester Young les plus touchés par la grâce de cette sombre luminosité.



 

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