"Focus" est une œuvre à part dans la discographie de Stan Getz. Bien plus qu'un mélange de jazz et de musique classique, il s'agit d'une suite de compositions raffinées d'Eddie Sauter - connu pour ses arrangements pour Benny Goodman - pour petit orchestre à cordes comprenant harpe et quatuor.
Ballet d'ombres sur une mer de glace d'une contemporanéité extraordinaire, merveille d'invention mélodique, où le saxophoniste se déplace avec la grâce d'un danseur, se livre, pensif, unique et fascinant, totalement original d'un bout à l'autre.
Sept miniatures impressionnistes aux réminiscences de de Falla, Ravel et Stravinsky où chaque note est parfaite, lecture définitive de cette musique sincère et belle.
Stan Getz, gagné par la sérénité, se fait caressant et sensuel. Il s'épanche avec son éternelle décontraction sur un dédale de standards si souvent parcourus, merveilleux de swing et de fluidité, accompagné d'une section rythmique de rêve : Kenny Barron le dernier confident, Rufus Reid l'inamovible maître du temps à la basse et l’aérien batteur Victor Lewis. Ses notes ondoient, s'élèvent, tournoient dans l'air pour entraîner le public du café Montmartre sur des chemins de paradis perdus. Un concert hédoniste, où celui qu’on surnommait « The Sound » remet au goût du jour le concept fondamental de plaisir de jouer.




