En trio avec Miroslav Vitous à la contrebasse et Roy Haynes à la batterie, Chick Corea, nourri de classique et attaché à ses racines latino-européennes, enregistre en 1968 un album lumineux à la beauté convulsive, un jazz pur, inventif, sans artifices ni concessions. Le jeu alerte et éblouissant du pianiste croise les lignes précises et tortueuses du bouillonnant contrebassiste tchèque sous les déluges du polyrythmicien Roy Haynes.
Dans une fantastique impression de cohésion, les harmonies se cherchent et se trouvent, s’intègrent toujours dans une architecture complexe, ingénieuse et surprenante. Dans cette urgence exacerbée, les échanges prennent alors tout leur sens, instants de beauté pure, violemment charnels, transportant sans cesse l’auditeur d’étonnement en éblouissement.




