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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 22:54

Août 1962, ses multiples arrestations, notamment pour possession d’héroïne, ont coûté à Dexter Gordon  sa fameuse carte lui permettant de jouer dans les clubs New Yorkais. Il est contraint à l’exil vers une Europe plus clémente. Juste avant de boucler ses valises et de quitter les États- Unis pour une quinzaine d’années, le saxophoniste enregistre à quelques jours d’intervalle deux des plus grands albums de sa carrière : A swingin’affair et Go !   Ce dernier, est de son propre avis sa plus grande réussite. Entouré de Sonny Clark (piano), Billy Higgins (batterie) et Butch Warren (Contrebasse), il ne pouvait rêver meilleur tremplin pour signifier la fin de sa traversée du désert. Après avoir été l’un des saxophonistes fondateur du bop, influencé les jeunes Coltrane ou Sonny Rollins, il réapparaît fort  de toute l'expérience d'un homme plus âgé, absolument renversant de facilité, de sensualité. D’une  volupté ensorcelante, il se fait virtuose et lyrique, arpente les mélodies joyeuse et endiablées avec décontraction et nonchalance. Nocturne et intimiste, il est poignant dans les ballades.

Dans quelques jours Dexter s’envolera pour le vieux continent, pour nous le voyage a déjà commencé.

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 10:49

Empyrean Isles est le quatrième  album de Herbie Hancock pour le label Blue Note. Il comporte deux de ses morceaux les plus populaires : One finger Snap et surtout Cantaloupe Island.  Entièrement composé par le pianiste, la première audace de cet enregistrement tient à la constitution même du groupe : Herbie Hancock a emprunté  la rythmique de Miles Davis (Ron Carter et Tony Williams) chez qui il tient le piano depuis maintenant un an et y a adjoint le trompettiste Freddie Hubbard. En abandonnant la formule classique du quintet et en se passant des services du saxophone, le compositeur prend alors le risque de perdre en richesse sonore et un affaissement global du rendu de ses compositions.

Le quatuor pallie à cet inconvénient par un surcroît d’énergie, Herbie enchaîne les motifs complexes soutenu par la ferveur frénétique du contrebassiste et du batteur tandis que Freddie Hubbard survole ce tapis rythmique tumultueux du haut de son étourdissante amplitude et puissance de jeu.

Mais l’originalité de la structure de l’ensemble est loin d’être la principale source de singularité d’ Empyrean Isles .

Chacune de ses quatre compositions est un orfèvre d’inventivité et d’intensité où le sacro-saint  thème est balayé d’un revers de main pour laisser place à une libre improvisations de mélodies, matériel thématique de l’urgence malaxé par ce quatuor d’architectes de l’instant. A ce titre One finger Snap fût l’un des premiers titres à rejoindre le real book (recueil de standards le plus fréquemment utilisé par les jazzmen) sous la forme d’harmonisation de mélodie improvisée.

En ce sens, l'album échappe à toute tentative de catégorisation et ne craint pas le grand écart entre expérimentations avant-gardistes et titres très accessibles tel son tube planétaire soul jazz aux sonorités blues et funk inoubliables Cantaloup Island.

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 10:38

Ce concert enregistré en 1975 à l'Opéra de Cologne,qui a en partie ouvert les portes du jazz à un public qui n'y était pas habitué et connu un énorme  succès populaire, qui jamais ne s’est démenti depuis, failli bien ne jamais avoir lieu.

Le soir du concert, le pianiste ne peut obtenir à cause d'une grève le piano désiré pour l'occasion et se voit proposer un piano de répétition de bien mauvaise facture et approximativement juste.  Keith Jarrett déjà exténué par deux nuits sans sommeil, entre alors dans une colère noire, refuse le piano et décide de tout annuler.   Il changera d'avis in extremis, quelques minutes à peine avant l'heure de son entrée sur scène. 

Le pianiste, ouvre alors facecieusement son récital par  les quatre premières notes qui reprennent le thème musical de la sonnerie de rappel de la salle de Cologne. Puis seul face au public, il happe littéralement la salle dans son univers de tendresse et de lyrisme. Avec virtuosité et profondeur, un sens accru de la dramaturgie, il déambule entre tradition et modernité, suspend le temps, ses notes et  livre une sorte de journal de ses paysages intérieurs.

Dernier coup du sort, heureux cette fois, le concert ne devait initialement pas être enregistré mais un technicien décida de poser des micros pour les archives de la salle, sans cette initiative  l'un des disques de jazz les plus vendus au monde et de l'album de piano solo le plus distribué de tous les temps avec ses 3,5 millions d'exemplaires vendus n'aurait jamais vu le jour.  


                                                                  

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 10:37

Dans le panthéon des grands du jazz Thelonius Monk occupe une place unique et singulière. Peu de compositeurs ou d’improvisateurs peuvent supporter la comparaison avec le pianiste en terme d’originalité.

Brilliant Corners étant incontestablement l’un de ses meilleurs albums, autant dire – pour faire simple – que nous sommes ici en présence de l'un des plus grands disques de jazz.

Bien que Monk se soit entouré de la crème du jazz de l’époque - comme les saxophonistes Sonny Rollins et Ernie Henry, le batteur Max Roach, le trompettiste Clark Terry ou encore le bassiste Oscar Pettiford parfois remplacé par Paul Chambers -  le morceau éponyme, composition totalement révolutionnaire pour l’époque, est d’une telle complexité qu’il fit suer sang et eau aux les musiciens réunis. La séance a duré 4 heures et a nécessité 25 prises pour un seul enregistrement composé de fragments des diverses prises !!

Pour Monk cette musique était évidente et il ne comprenait pas pourquoi ces coéquipiers avaient tant de difficulté à la jouer correctement. Ceci suscita une telle tension entre les musiciens que Pettiford ne voulut plus jamais jouer avec le pianiste.

Autre sommet de l'album,  un Pannonica, particulièrement émouvant, d’une terrible intimité, composée pour la baronne Pannonica de Koeningswarter, chez qui le pianiste passa les neufs dernières années de sa vie muré dans le silence.

Reste le "Ba-Lue Bolivar Ba-Lues-Are" (ou simplement «Blues Bolivar", comme il a été plus tard rebaptisé) – ou l’art et la manière de tordre un genre aussi familier que le blues, pour en faire une oeuvre au son totalement étranger et à la mélodie en permanent décalage . Un classique Monkien.

Brillant… vous avez dit brillant ?

 

                                                                   
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:17

Le saxophoniste Tenor Joe Henderson s’ingénu à pousser ce hard bop si cher à l’écurie Blue Note dont il est coutumier pour l’emmener à l’orée de l’avant-gardisme. Les textures musicales sont riches, les détours modaux sinueux  et les rythmes explosifs. Les références à John Coltrane sont d’autant plus palpables que ses deux principaux lieutenants participent à l’aventure. McCoy Tyner et Elvin Jones retrouveront d’ailleurs le chemin de ce même studio Cliffs Rudy Van Gelder's Englewood neuf jours plus tard pour l’enregistrement du célébrissime et définitif « Love Supreme ». Le quartet – complété par la basse souple de Rob Cranshaw  - tisse sa toile entre discours enflammés, puissants et créatifs et ballade suave sans que jamais la complexité de la musique n’en masque la beauté ni la verve dionysiaque sous tendue tout au long de l’enregistrement. Sans conteste l’un des joyaux de ce label si peu avare en chef-d’œuvres.


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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 18:16

Pas encore le quartet historique,  mais My Favorite Things marque l’arrivée de deux futurs piliers de ce groupe inouï, certainement l’un des meilleures de l'histoire du jazz :  McCoy Tyner au piano et le batteur Elvin Jones. En attendant Jimmy Garrison c’est Steve Davis qui empoigne la contrebasse.  Coltrane  a découvert saxophone soprano, un instrument qui lui rappelle l'Afrique et commence son immersion dans l’harmonie des musiques arabes, africaines et indiennes.

Le titre éponyme, une bluette à trois temps est issue de la comédie musicale la mélodie du bonheur (Sound of Music). De versions en réinterprétations, totalement transfigurées, il sera élevé au rang d’hymne toujours renouvelé et totalement habité. Rencontre avec un jazz suprême qui marque le point de départ de la recherche esthétique en quête d'absolu, de rythmes dionysiaques et extatiques dans laquelle va se lancer à corps perdu le futur John Coltrane Quartet.  


                                                                   
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 09:24

Un disque à part dans la discographie de Duke Ellington. Enregistrement en petit groupe comprenant Harry "Sweets" Edison (trompette), Les Spann (guitare), Al Hall ou Sam Jone (contrebasse), Jo Jones (Batterie) et surtout le flambant saxophoniste alto Johnny Hodges présent ici en tant que co-leader pour un répertoire ne comprenant - chose rare - aucune composition du Duke. Composée de sept blues classiques, pour la plupart signés WC Handy, on assiste à une sorte de jam session tout en souplesse, les chorus se succèdent, décontractés, inspirés, sans esbrouffe. Pas de friction ni de compétition, mais une grande complicité et un plaisir évident de jouer des titres bien rodés qu'on arpente depuis des années et qui ronronnent comme un gros chat au coin d'une cheminée, le swing en plus.

 

                                                                
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 12:24

Casting de choix pour Wayne Shorter : Herbie Hancock, avec qui il partage depuis deux ans l’expérience du second quintette de Miles Davis, Reggie Workman, ancien complice des Jazz Messengers et Joe Chambers, déjà présent sur ses précédentes sessions Blue Note. Dans ces conditions, pas étonnant que l’alchimie musicale soit palpable d’un bout à l’autre de l’enregistrement. Peut être plus facile à aborder que ces précédents opus, le saxophoniste y propose une musique modale, diversifiée, énergique proche des canons de l’écurie Blue Note de l’époque : funk énergique, hard bop bluesy et ballade aérienne. A noter une première apparition du titre « footprints » qui fera date.
 

                                                                  

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:37

 Est-il encore nécessaire de présenter ce monument ? Miles Davis de passage à Paris se voit proposer de créer la musique du premier long métrage que Louis Malle, alors âgé d’à peine vingt-cinq ans, vient de terminer, Ascenseur pour l’échafaud.

Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke, l’œil rivé à l’écran improvisent alors en une nuit, sur quelques idées esquissées par Miles Davis : un parfait contrepoint aux images du film.

La musique chaloupe, terrible et lumineuse, inéluctable presque décontractée. Enveloppée dans son manteau de nuit, elle accompagne les protagonistes jusqu’au bout de leur destin.




 

 

« ...j'étais un cinglé de jazz...la musique d'Ascenseur est unique. C'est l'une des rares musiques de film qui ait été entièrement improvisées... Je passais les séquences sur lesquelles on voulait mettre de la musique, et il commençait à répéter avec ses musiciens ...le film en était métamorphosé... quand on a ajouté la musique, il a soudain décollé. » - Louis Malle

                       
                                                                    
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 11:06

Jeru est le surnom gagné par Gerry Mulligan lors des enregistrements mythiques qui composeront  les faces du révolutionnaire Birth of the cool de Miles Davis. Depuis, le saxophoniste baryton est devenu un poids lourd  du jazz West Coast, grâce à quantité de projets novateurs, tel le quartet sans piano avec Chet Baker qui marqua durablement la scène californienne. Compositeur reconnu, arrangeur émérite et symbole même de cet instrument jusqu’à lui considéré comme lourd et pataud, il prose ici avec Tommy Flanagan (piano), Ben Tucker (basse), Dave Bailey (batterie) et Alec Dorsey (congas), un jazz suave, lumineux et décontracté. Insinueuses et évidentes, les mélodies semblent couler, aller de soit comme si elles avaient toujours été là. Un hymne à l’indolence !  

 

                                                                  

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