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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 19:54

Formation mythique, le quartette unissant Thelonious Monk et John Coltrane s'est produit au Carnegie Hall pour deux concerts donnés le 29 novembre 1957 avec une rythmique constituée du contrebassiste Ahmed Abdul-Malik et du batteur Shadow Wilson. Aucun enregistrement documentant ce périple ne semblait exister, jusqu'à ce qu’en février 2005, Larry Applebaum trouve sur les étagères de la  Library Of Congress des bandes sur lesquelles on peut lire "Carnegie Hall Jazz 1957". Quand il voit marqué au dos de l'une d'entre elles "T. Monk", il comprend qu'il tient une pépite entre les mains. 

Près d'une heure de bonheur absolu durant lesquelles le quartet enchaîne des classiques Monkiens attaqués avec un mordant, une énergie joyeuse en tout point jouissifs.  

Les enchevêtrements synergiques des deux musiciens font merveille,  Coltrane ne court pas simplement les accords mais structure ses solos sur la plénitude des idées mélodiques et rythmiques de Monk. Le pianiste le laisse voler sur les courants aériens ascendants de l'énergie créés par le tandem basse/batterie avant de faire valoir ses droits de docteur es tensions-et-dissonances, ponctuant le discours de complexités rythmiques et harmoniques qui semblent encore stimuler l'exploration du saxophoniste dans une osmose à chaque instant renouvelée. 

Qui plus est, la prise de son est excellente. 

Que rajouter sinon que la "Library of congress" estime détenir quelques 2,5 millions d'enregistrements radio dans tous les formats possibles…

 

                                                               

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 14:32

Johnny Griffin, en son temps mercenaire admirable des Jazz Messengers et partenaire de choix de Thelonious Monk, est un saxophoniste au lyrisme incisif, capable d’évoluer sur tous les tempi, bolide intrépide aux soli éclatants et gorgés de blues.   

Il est ici associé à deux autres monstres du saxophone - Hank Mobley et John Coltrane - pour une bataille à trois voix à l’atmosphère de jam session pleine de passion et de camaraderie.   

Rencontre miraculeuse puisque John Coltrane n’était initialement pas prévu au programme, Griffin le rencontrant sur le chemin du studio de Rudy Van Gelder lui suggère alors de se joindre à la fête. 

Ainsi s’improvise une rencontre de titans soutenue par une équipe superlative, la trompette de Lee Morgan débordante de morsures effrontées, les propulsions d’Art Blakey, la basse de Paul Chambers pleine et profonde, les doigts de Wynton Kelly écrasant ses touches au blues ivoire. 

Chacun, dans des styles très différents - Griffin comme à son habitude mordant et rentre dedans, Coltrane plus abstrait, se jouant des harmonies, et Hank Mobley privilégiant la mélodie – fait preuve d’une inventivité inouïe, déroulant ses circonvolutions complexes à la vitesse d’un cheval au galop. 

 

On sort de ce disque hors d’haleine, fasciné de ces joutes que l’on imagine volontiers se poursuivre tout au long de la nuit.


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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 01:20

 

Retour de vacances difficile ? Le corps dans les bouchons, la tête encore au soleil ? Qu'à ne cela ne tienne, voici le disque parfait pour prolonger l'indolence et le farniente.
Helen Merrill égrène sur le ton de la confidence sensuelle des standards enregistrés pour la télévision italienne avec l'orchestre de Piero Umiliani.
Les lectures du  présentateur Fernando Caiati annonçant chacun des titres laissent flotter un doux parfum de basilic frais, d'oliviers et d'amande sur ce somptueux tour de chant.

On sort de ce disque rêveur, les oreilles emplies de soleil avec un doux sentiment d'avoir flâné quelques instants dans de charmantes ruelles romaines.





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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 14:01

"Focus" est une œuvre à part dans la discographie de Stan Getz. Bien plus qu'un mélange de jazz et de musique classique, il s'agit d'une suite de compositions raffinées d'Eddie Sauter - connu pour ses arrangements pour Benny Goodman - pour petit orchestre à cordes comprenant harpe et quatuor. 

 Ballet d'ombres sur une mer de glace d'une contemporanéité extraordinaire, merveille d'invention mélodique, où le saxophoniste se déplace avec la grâce d'un danseur, se livre, pensif, unique et fascinant, totalement original d'un bout à l'autre.

Sept miniatures impressionnistes aux réminiscences  de de Falla, Ravel et Stravinsky où chaque note est parfaite,  lecture définitive de cette musique sincère et belle. 

                                

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14 août 2006 1 14 /08 /août /2006 14:56

Cette fois ci, la messe est dite... Miles allume la chaudière du binaire, le diamant se craquelle et des torrents de lave fusion se répandent sur les 70's. Dépassant son statut de génie du jazz, the Prince of Darkness devient star, sa stature de gourou surplombe la jungle urbaine dans laquelle feulent ses entrelacs de rythmes vaudous qu’arpente une basse panthère noire. Plus question ici de thème, le rythme qui se déverse sert autant de moteur que de matériel thématique et Miles seul soliste surfe sur le magma sonore généré par les claviers de Joe Zawinul, Chick Corea et Larry Young, la guitare tendue de John McLaughlin, le sax acéré de Wayne Shorter, les fûts incantatoires de Jack DeJohnette, Jim Riley, Charles Alias, la basse hypnotique de Dave Holland ou Harvey Brooks et les plaintes animales de la clarinette basse de Bennie Maupin. 

  

                                       

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7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 14:12

Dire qu’Ella Fitzgerald est avec Billie Holiday la chanteuse de Jazz  par excellence et certainement l'une des plus grandes chanteuses du 20ème siècle n’a pas grand intérêt tant la chose est convenue. 

Cet album enregistré en 1960 à Berlin, où elle est accompagnée par le quartette de Paul Smith, comprenant notamment la guitare de Jim Hall, est une parfaite représentation de l’art de celle qu’on surnomma the The First Lady of Jazz. Reine incontestée du Scat et de l’improvisation,  la chanteuse atteint des sommets lorsqu’elle oublie les paroles d’un ébouriffant "Mack the Knife" et poursuit néanmoins sans hésitation en alternant scat et paroles improvisées. 

Pétillante de swing, irradiant de force et de bonne humeur elle sait aussi se faire rêveuse et cotonneuse. Limpide, précise, à l’intonation juste et au timing impeccable, la chanteuse atteint des sommets sans doute jamais égalés depuis.

Que dire de plus sinon se joindre au tonnerre d’applaudissements saluant une prestation qui écoute après écoute nous laisse sur les genoux ? 

 

                                                                   

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:38

A Toronto le 15 mai 1953, un quintet incroyable s’apprête à donner un concert mythique.  Sur scène, Dizzy Gillespie à la trompette, Charlie Parker sous le pseudonyme de Charlie Chan pour éviter les poursuite de Verve chez qui il était sous contrat au saxophone, Charles Mingus à la contrebasse et Max Roach à la batterie. Soit réunis pour la première fois les cinq grands géants du be-bop. Pour la petite histoire la salle était au deux tiers vide, puisque le même soir ce déroulait un championnat de boxe poids lourd fort attendu entre Rocky Marciano et Jersey Joe Walcott. 

Le fantasque Parker arrive sans instrument et loue un alto en plastique blanc tandis que le jeune Mingus quant à lui prend sur lui d’enregistrer ce concert mirifique pour le label Début qu’il a fondé avec Max Roach. 

Entre l’héroïne de Parker, le degré d’alcoolémie de Powell, l’attrait qu’exerce le match sur Gillespie qui fonce en coulisse entre deux soli pour compter les points, le désastre semble inévitable. Pourtant il se dégage de cette heure de musique une énergie, une joie de jouer contagieuse. 

Parker brille comme toujours par sa vitesse et sa fluidité, Dizzy Gillespie n’a rien a lui envier en terme d’imagination débordante, et de soli pétaradants sur des tempos haletants menés par une si trépidante section rythmique –mais en est ce encore une ? – qu’on retrouve en trio sur la deuxième partie de l’enregistrement et où l’on profite peut être mieux encore de la virtuose implacable  de Bud Powell, de la maestria de Charles Mingus et les bouillonnements du grand Max Roach. 

Historique!



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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 12:37

En 1956, au cours d'une tournée en Amérique du Sud entreprise sous l'égide du département d'état américain, Dizzy Gillespie rencontre, à Buenos Aires, le jeune Lalo Schifrin qui dirige alors un big band pour la télévision argentine. Il lui demande après l'avoir entendu au piano s'il désire venir avec lui aux USA comme membre de son Quintette.  

Quelques semaines plus tard, Lalo Schifrin se voit proposer par le trompettiste d'écrire un titre ou deux pour la formation. Le pianiste lui présente alors "Gillespiana", une suite somptueuse de cinq mouvements pour big band, orchestrée et dédiée à la personne du leader. Racines plurielles, pérégrinations aux rythmes Afro-latino-américains ou lorsque le swing du jazz se pare des richesses des rythmes latins et des structures narratives de la suite classique. 

Un hymne solaire qui ouvre grand les portes du jazz à cet immense compositeur parfois un peu rapidement confiné à ses célèbres génériques de "Mission Impossible", "Mannix" ou de "l’Inspecteur Harry"  et qui  permet à Dizzy Gillespie de se laisser aller à toutes les audaces acrobatiques

 

A noter que l’album se conclut  par un concert au  Carnegie Hall enregistré quelques mois plus tard qui laisse la part belle aux compositions de Dizzy et aux arrangements de son protégé pour un big band de vingt-deux musiciens.

 

 

                                                                

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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 01:20

 

Lorsque Kenny Dorham quitte les Jazz Messengers à la fin de l'année 1955, il décide alors de fonder son propre groupe, les Jazz Prophets, sur le même modèle. 

Le trompettiste s’entoure d’un quintet comprenant J. R. Monterose au ténor, le jeune Bobby Timmons au piano, Sam Jones à la contrebasse et le batteur Arthur Edgehill pour proposer un jazz bluesy, subtil, rythmé et aérien. 

L’aventure ne durera qu’un an à peine, le groupe rencontre des problèmes financiers et Kenny Dorham est alors engagé par Max Roach pour remplacer Clifford Brown après le décès accidentel de celui-ci . 

Reste ce live au café Bohemia, avec pour l’occasion l’adjonction du guitariste Kenny Burrell - qui vient de terminer l’enregistrement de son premier disque la veille - sur quelques titres. Merveille de spontanéité, d’une richesse mélodique absolument renversante  et au swing d’une générosité festive totalement imparable, ce disque nous offre l’instantané d’un groupe à la beauté éphémère en état de grâce.

 

                                              
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3 juillet 2006 1 03 /07 /juillet /2006 12:26

Il est probable que peu de disques ont aussi bien porté leur nom. Du génie, Coleman Hawkins en a à revendre et on ne lui doit rien de moins que la paternité du saxophone ténor. 

Accompagné par le toujours sublime groupe d’Oscar Peterson, composé d’Herb Ellis à la guitare, Ray Brown à la basse et Alvin Stoller à la batterie, qui mérite à lui seul l’écoute de cet album, the Bean distille ses improvisations d’une façon évidente et définitive, avec sensualité et émotion, comme un vieil amoureux contant une histoire vécue tant de fois qu’elle fait partie de sa chair mais qu'il prend pourtant plaisir à réinventer, à magnifier à chaque évocation. Lyrique, moelleux, mordant, le Faucon plane sur ces mélodies qu’il a faites siennes, goûte les harmonies, joue avec les couleurs et les timbres et nous donne sa définition du génie et de la perfection. Une grande leçon de musique. 


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