Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

La Playlist Majazzotheque

Rechercher

Chroniques

Revue de Web

http://imageshack.us/a/img820/3296/bannierehx.png

 

Liens et connections web

Logo-Pearltrees2.JPG

25 juin 2006 7 25 /06 /juin /2006 23:16

En 1969, Charlie Haden fonde le Liberation Music Orchestra.

Le contrebassiste militant de la gauche américaine a l’idée de saluer les brigades internationales et engage un commando d’improvisateurs : Carla Bley, Don Cherry, Dewey Redman, Roswell Rudd, Howard Johnson, Paul Sorrow, Gato Barbieri… 

Le répertoire est principalement composé de chants populaires datant de la guerre civile espagnole, de compositions de Carla Bley ainsi qu’un titre de son ancien leader Ornette Coleman. 

Œuvre d’une puissance peu commune, l’album qui connut d’abord le succès chez les intellectuels européens avant de gagner une reconnaissance mondiale résonne comme un écho d’hymnes au combat, clameurs libertaires et purs moments d’émotion, avec ses arrangements de chants contestataires et sa section de vents déployant des alliages sonores inouïs. Un message musical et idéologique encore furieusement d’actualité.


                                                                 

Repost 0
21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 21:01

Cet album est le dernier volet d’une série de huit enregistrements pour Pablo permettant d’entendre Art Tatum dans diverses formations. Même si c’est souvent seul que le pianiste arrive au bout de lui-même et se révèle totalement, lorsque ses diaboliques variations rythmiques et ses sophistications harmoniques rencontrent la sonorité ample et soufflée de Ben Webster le miracle n’est jamais très loin. 

Avec le bassiste Red Callender et le batteur Bill Douglass, le saxophoniste commet l’exploit de composer avec les bourrasques du maître en conservant sa sonorité voluptueuse d’un bout à l’autre de l’enregistrement. Il nous offre du même coup l’une des plus somptueuses portes d’entrée pour découvrir l’univers de Tatum dont la conception orchestrale du piano et la vélocité pyrotechnique médusa les plus grands virtuoses classiques tels que Vladimir Horowitz ou Arthur Rubinstein.

 

                                                                 

Repost 0
17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 23:25

Pionnier du Free Jazz, compositeur, pianiste et claviériste, philosophe, cosmologue et natif de Saturne, Sun Râ a traversé la galaxie en compagnie de son big band Arkestra pour répandre sa bonne parole sur le monde. 

Loufoque ? Sous-estimer Sun Râ serait une erreur monumentale et cet album de 1958 qui laisse entendre les prémices des explorations saturniennes à venir en est une preuve flagrante et est en tout point passionnant. Premier des grands chefs-d’œuvre de l’Arkestra, avec des solistes de tout premier plan tels que le tromboniste Julian Priester, le saxophoniste baryton Charles Davis, le saxophoniste alto Marshall Allen ou le fantastique saxophoniste ténor John Gilmore, il navigue entre la fougue du hard bop naissant, les envolées lyriques des improvisions libres à venir, de majestueux arrangements ellingtoniens laissant une place importante aux invraisemblables odes cosmiques visionnaires et pourtant totalement et profondément ancrées dans l’histoire afro-américaine, qui ne seront pas sans trouver quelques échos dans les décennies à venir 

 


Repost 0
15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 00:24

Cette soirée de juillet 1957 au festival de Newport est clairement placée sous le signe du groove compulsif, des arrangements rutilants et de l’énergie explosive de la plus belle machine à swing dont on puisse rêver.  Pour l'occasion, Basie a convoqué toutes ces anciens comparses, Roy Eldridge, Thad Jones, Frank Foster, Illinois Jacquet, Lester Young, Freddie Green et tant d'autres musiciens à qui le jazz doit d'être ce qu'il est.

L’orchestre, décidé à ressuscité l'âge d'or du swing, joue à s’en faire éclater le cuivre, fait remuer la foule hystérique jusqu’à l’ivresse. Les pupitres chauffés à blanc crachent leur blues exacerbé tandis que les solistes se lancent dans des joutes à perdre haleine dans une ambiance proche des jam sessions des années glorieuses.   

Cerise sur le gâteau, Jimmy Rushing, prototype même du blues shouter surnommé « Mister Five by Five » en raison d’une taille équivalente à son épaisseur, et le célèbre crooner bluesy Joe Williams donnent de leur voix énorme, ample et généreuse, enfoncent le clou et terrassent les quelques spectateurs encore debout au terme de ce concert mirifique.

 

 

 

   


Repost 0
12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 00:22

Sonny Rollins est déjà le colosse du saxophone que l'on connaît lorsqu'il choisit, pour cet enregistrement légendaire dans l'antre mythique du Village Vanguard, de se passer du soutien harmonique du piano dans une invraisemblable épure harmonique. Le souffleur, ici en trio, attise son inspiration auprès de deux tandems rythmiques de choc, Pete La Roca et Donald Bailey pour l’après-midi et pour une version de "A night in Tunisia" le soir et Elvin Jones, le maître des tambours, et l’élastique Wilbur Ware à la contrebasse pour la soirée. 

Cette formule, Sonny Rollins en raffole et désormais la fait sienne. Elle lui laisse une telle liberté qu’il peut à loisir se projeter dans un flot d'énergie incandescent dans de sublimes improvisations à la beauté hypnotique. Livré à lui-même, Sonny s’envole au dessus des rafales du futur compagnon de Coltrane, son imagination semble sans limites et ses sublimes soli abstraits et anguleux ressemblent à une course d’obstacles, fascinants jeux de piste d’une musique se renouvelant en permanence.

 


Repost 0
8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 18:30

Le Modern Jazz Quartet - comprenant John Lewis, pianiste au toucher subtil et délicat, grand admirateur de Bach et fondateur du groupe, le fantastique batteur Kenny Clarke qui s’apprête déjà à laisser son tabouret à Connie Kay, le métronomique contrebassiste Percy Heath et Milt Jackson, vibraphoniste génial à l'inspiration fertile, aussi à l'aise sur le blues que sur la ballade – est l’un des initiateurs essentiels du " Third Stream ", ce  troisième courant qui, au milieu des années cinquante, a célébré les noces du jazz avec la musique européenne classique et contemporaine. 

Perfection de la forme, sensibilité de l'exécution, justesse des thèmes, le groupe distille un jazz de chambre dont l’esprit du blues ne sera jamais absent. 

Contesté à l’époque, jugé trop propre, trop strict, trop… leur swing délicat s'écoute pourtant toujours aujourd’hui avec autant de plaisir.

Ce "Django" composé en hommage au guitariste qui vient de mourir est une musique funéraire d’une grande clarté et d’une infinie délicatesse. C’est l’un des premiers grands classiques du groupe et un modèle d'équilibre entre sophistication et simplicité.  

 


Repost 0
5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 01:34

 

"Portrait in Jazz" est la quintessence de l’art d’un poète du clavier, qui pousse ici l’esthétique du trio jusqu’à ses limites ultimes.
Romantique et impressionniste, intimiste et lyrique, le pianiste prodige s’est forgé une solide réputation en enregistrant le fameux "Kind of blue" aux cotés de Miles Davis. 

Il quitte ensuite le trompettiste pour former un trio à son nom avec le contrebassiste hors norme Scott LaFaro et le batteur pointilliste Paul Motian. 

Un fabuleux vent de liberté souffle alors sur le groupe, un triangle parfait de tension et d'équilibre, entre sensible introspection et lyrisme puissant, le rôle de chaque instrument est redistribué pour se diriger vers une vision bien plus égalitaire et explorer comme jamais le langage contrapuntique de l’improvisation simultanée. 

La prospection systématique des ressources harmoniques des standards donne lieu à d’ahurissantes lignes mélodiques où chacun déploie son imagination afin de pousser chaque idée musicale dans ses derniers retranchements. 

Entre ballades langoureuses, extatiques, au temps suspendu, et montées en puissance irrésistibles, se cristallise un discours collectif brillant, point d'équilibre miraculeux dont le monde du jazz ne se remettra jamais vraiment.  

 


                                                                 

Repost 0
1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 21:03

"Straight, no Chaser", enregistré en quartet avec Charlie Rouse au ténor, Larry Gales à la basse et Ben Riley à la batterie est le disque de la maturité absolue. 

Grand prêtre de la dissonance, se jouant du silence autant que de la note pour mener au grandiose son sens du swing déséquilibré, le pianiste se permet toutes les audaces, reprend un air traditionnel japonais ou pousse le dépouillement sonore jusqu'au silence lorsque Charlie Rouse s’épand sur "Straight no Chaser". Le saxophoniste n’en a d’ailleurs cure, avec ou sans accords impossibles de Monk, il est ici comme un poisson dans l'eau et à chaque instant fait montre une insolente facilité. Monk brouille les pistes, il a ses propres lois et en dispose seul. Son jeu déroute. Novateur, chaque note résonne pourtant du stride de James P. Johnson. Totalement personnel, en marge de tout courant, Monk joue du Monk et c’est pourtant toute l’histoire de la musique afro-américaine qui défile sous ses doigts. 

Musique universelle et atemporelle, féroce et dansante, complice mais piégeuse, les airs du moine sphérique n’ont pas fini de nous faire tourner le sang.

 


                                                               

Repost 0
29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 10:40

Billie Holiday et Lester Young se sont rencontrés dans une Jam Session de Harlem pour ne plus vraiment se séparer. La chanteuse doit au saxophoniste ce nom de lumière : « Lady Day » ; juste retour des choses, elle fera de lui son « président » lunaire. 

Amis, âmes sœurs d’une connivence musicale extraordinaire, cette rencontre est à l'origine de leurs plus belles interprétations et les enregistrements réalisés entre 1935 et 1942 sont parmi l es pages les plus inoubliables de toute l’histoire du jazz. 

Repost 0
25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 01:45

Second disque pour un Michel Petrucciani âgé alors d’à peine dix-huit ans. A l’aide de Jean-François Jenny Clark - contrebassiste à la sonorité ronde, sensuelle et profonde et musicien incontournable tant sur la scène du jazz que sur celle de la musique contemporaine - et d’Aldo Romano, batteur élégant et éminemment mélodique, il jette les bases de son  jeu impétueux, volubile mais empreint d’une extrême tendresse qui fera de lui l’un des chefs de file du renouveau du Jazz français. 

Fortement influencé par Bill Evans, le pianiste possède déjà une personnalité bien trempée et un style qui lui est propre où virtuosité, émotion et lyrisme se combinent à un toucher subtil. Il affirme son attachement à la mélodie et au raffinement harmonique en enregistrant ici deux compositions personnelles.

Les premiers pas d’une trop brève carrière qui lui fera côtoyer les étoiles.



Repost 0