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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 16:50

"Blasé", manifeste free, replonge aux sources du blues, replonge aux sources de l’Afrique mère. Archie Shepp, alors fleuron de l'avant-garde la plus radicale, revisite savamment le cri primitif de toute l'histoire du peuple afro-américain. 

Entouré de deux transfuges de l’Art Ensemble of Chicago – le trompettiste Lester Bowie et le contrebassiste Malachi Favors –, du batteur Philly Joe Jones, du pianiste Dave Burrell et de la superbe chanteuse, totalement habitée, Jeanne Lee, il impose une musique tendue, sombre et lyrique, d’une beauté à la sensualité hors norme. Révoltée, elle a le goût des luttes sociales et politiques de la communauté afro-américaine, brasier encore incandescent de désir catégorique de liberté retrouvée. 

Le saxophoniste est alors totalement engagé dans le combat civique de son temps, et s'aventure dans des projets volontairement provocateurs et ouvertement politiques comme ce  premier Festival Panafricain d'Alger - en 1969 toujours –, organisé par le FLN et accueillant des Black Panthers. Second volet de cette réédition qui voit notre saxophoniste et son quartette dialoguer avec des musiciens touaregs sur deux longues plages d’improvisations  qui proclament le retour à la terre de ses pairs.   

 


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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 21:47

En 1962, Abdullah  Ibrahim, alors Dollar Brand, quitte l’Afrique du Sud et le cauchemar de l’apartheid pour s’installer à Zurich. Un après, le destin lui fait de l’œil sous les traits du Duke en personne et l’extirpe d’un anonymat fort dommageable. 

Belle histoire qu’on prendrait à tort pour l’acte de naissance de l’art du pianiste: à trente ans à peine, il a une carrière plus que conséquente derrière lui et une belle renommée.

"Good news from Africa" brosse le portrait de ces années de jeunesse, une fusion originale entre Monk, Ellington et les traditions de sa terre natale. Ces bonnes nouvelles d'Afrique sont de bonnes nouvelles pour le monde, passant outre les limitations de style Abdullah Ibrahim s'associe avec un autre exilé de Cape Town, le grand bassiste chanteur Johnny Dyani, et tisse un  chapelet de mélodies envoûtantes, célébration  de la beauté et de la liberté qui abolie à jamais toute idée de frontières quelles qu'elles soient dans l'art de l'improvisation. Le jeu du bassiste est profond, ne se laisse jamais aller à une dérisoire virtuosité, mouvant mais enraciné, totalement africain dans son jeu à l'archet, il offre un cadre aux harmonies libres et légères du pianiste dans une communion palpable.  Et lorsque celui-ci délaisse son instrument pour s'emparer d'une flûte ou d'un saxophone, il s'en échappe des mélodies sinueuses et fascinantes à l'intensité spirituelle riche et profonde et au groove irrésistible.  

 Le piano d'Ibrahim, conteur à nu, se raconte à la façon d'un griot dépositaire et passeur d'une histoire ancestrale mais déjà totalement tourné vers l'avenir. Il distille des souvenirs où la musique est l'expression naturelle de l'existence et accompagne chacun dans toutes les situations importantes de la vie. Il nous confie ses  états d'âme dans un engagement physique total comme une prière d'un coeur blessé mais jamais plaintif et se livre sans retenue. 

 

 

En écoute ici

 

 

 



                                                               

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15 mai 2006 1 15 /05 /mai /2006 00:24

 Giant Steps est le premier album de John Coltrane enregistré en tant que leader pour le label Atlantic. Il est alors un soliste extrêmement renommé et fait encore partie du groupe de Miles Davis - les morceaux "Giant Steps" et "Naima" seront mis en boîte entre deux séances du fameux "Kind of Blue".

Il bénéficie pour ce disque de beaucoup plus de moyens que lors de ses séances chez Prestige et en profite pour se consacrer à ses propres compositions. Naïma – du nom de sa première femme, Cousin Mary, Syeeda's Song Flute – pour sa belle-fille, les thèmes sont si personnels que sa cousine Mary, parlera d'un album de famille.

Entouré de Tommy Flanagan au piano, du contrebassiste Paul Chambers auquel il dédie le titre « Mr. P.C. » et d'Art Taylor à la batterie - Flanagan et Taylor sont remplacés par Wynton Kelly et Jimmy Cobb sur le titre "Naima" -, Coltrane repousse les séquences d'accords du Be-Bop afin d’en découvrir l'extrême limite ce qui fait scandale à l’époque et peut être met un point final à cette extraordinaire aventure initiée par Charlie Parker.

 Un bouleversement stylistique se joue là. Son style révolutionnaire divise, il se fait siffler par le public français lors d’un concert à l'Olympia de Paris avec Miles mais Sonny Rollins décide après l’avoir entendu d’arrêter temporairement de jouer afin de prendre du recul.

Cet album marque l'achèvement d'une période de l'histoire musicale du saxophoniste et le départ à pas de géant vers d'autres horizons.

Du hard bop virtuose de "Giant Steps" à la merveilleuse ballade "Naima", Coltrane et ses acolytes – peut-être pas toujours conscients de l’envol du saxophoniste - créent impérieux et frénétiques de merveilleux paysages sonores. 

Coltrane empoigne son ténor et le fait chanter comme nul autre, Plus impressionnant encore, il se joue des complexités harmoniques et des innovations techniques avec une agilité et un naturel qui permet à l'auditeur de les ignorer et d’être emporté par la vague d'émotion et d'inventivité mélodique.

Un des jalons les plus importants de l'histoire du jazz.


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12 mai 2006 5 12 /05 /mai /2006 01:32

En pleine effervescence hard-bop, le groupe qui s'en voulait le plus ardent messager se laisse aller avec allégresse au déferlement d’énergie drainé par l’infatigable Art Blakey. 

Wayne Shorter et Freddie Hubbard, propulsés par une section rythmique impériale, le pianiste Cedar Walton et le contrebassiste Jymie Merrit, se jettent à corps perdus dans le feu de leurs solos débridés, ponctués par les roulements de Blakey et le trombone de Curtis Fuller. 

Morceau de bravoure d’une discographie surabondante et superlative où les Messagers déploient une musique chaleureuse, audacieuse et jubilatoire qui ferait danser un tamanoir.

 


                                                                                              
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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 21:15




Vous trouverez ici une sélection en constante évolution de titres en grande partie issus des albums chroniqués dans le blog. Il s'agit pour la  majorité de morceaux très connus ... les tubes de majazzothèque. Bonne (s) écoute (s) à tous.

                         


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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 09:21

Cet album est la réédition  ECM de deux enregistrements, "Fusion" et "Thesis", initialement enregistrés sur Verve en 1961. 

Jimmy Giuffre réunit, avec Paul Bley au piano et Steve Swallow à la contrebasse, un nouveau trio pour inventer une musique pure et intimiste. Véritable jazz de chambre qui garde aujourd’hui encore toute sa contemporanéité, les mélodies signées Carla Bley sont de véritables miniatures où le silence et l’impression de flottement jouent autant que la beauté boisée des notes. 

"Fusion", disque ascétique, fourmille d'idées et de trouvailles d'écriture. Le temps semble s’y être arrêté. "Thesis" est lui plus anguleux, l’harmonie s’y fait inquiète, le mouvement y reprend ses droits et les musiciens ne craignent pas de s’écarter de la tonalité  pour plonger plus avant dans l'abstraction

Une musique à savourer lentement et longuement…

 


                                                              

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5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 20:40

En ces temps de grands changements – le hard bop bat son plein tandis que le Free Jazz s’approche à grands pas –, Charles Mingus remonte aux sources de l’église noire et de la brutalité de ton du jazz primitif. Le contrebassiste se fait prédicateur hurlant le blues, fait parler son groupe comme on fait parler la poudre.

L’orchestre, composé de Jackie McLean et John Handy au saxophone alto, de Booker Ervin au ténor, du saxophoniste baryton  Pepper Adams, des trombonistes Jimmy Knepper et Willie Dennis,  d'Horace Parlan ou Mal Waldron au piano et du fidèle batteur Dannie Richmond, exprime une spontanéité et une ferveur de tous les instants.

La musique de  Mingus, pleine de bruit et de fureur, innove dans la tradition, rudoie les repères du genre afin de mieux les recréer.

Indispensable !  

 


                                                                 

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2 mai 2006 2 02 /05 /mai /2006 00:31

Pour son premier album enregistré sur le label Blue Note en 1962, Herbie Hancock, alors jeune prodige âgé de 22 ans, frappe un grand coup et installe d'entrée de jeu sa vision du jazz, une écriture mûrement pensée, un sens affûté de l’espace et se révèle être un pianiste hors pair qui éprouve une passion démesurée pour la soul et le rythm’n blues. Accompagné par le saxophone ténor Dexter Gordon, le trompettiste Freddie Hubbard, le batteur Billy Higgins et le contrebassiste Butch Warren, il signe l’un de ces ouvrages que tout amateur de jazz se doit de connaître sur le bout des doigts, l’un de ces ouvrages que même ceux qui ne s’intéressent pas au jazz connaissent. Véritable manifeste de jazz soul aux mélodies sensuelles, immédiatement mémorisables et pourtant d’une grande richesse harmonique, le hit « Watermelon Man », d’une formidable vitalité et accessible à tous, compte parmi les plus beaux succès du pianiste.  

Quarante ans plus tard, le marchand de pastèque d’Herbie Hancock n’a pas pris une ride.  



                                                              

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 01:18

Loin d’être une simple compilation, cet enregistrement propose une réactualisation des grands succès de Duke Ellington. Les thèmes réorchestrés par le maître sont tous des joyaux incontournables de l'une des plus conséquentes œuvres de la musique du vingtième siècle. Les orchestrations sont riches, somptueuses, d’une nonchalance souveraine et puissamment évocatrices.  En même temps, il se dégage de cette session une grande décontraction. Le Duke semble s’amuser comme un petit fou et dialogue avec un orchestre aux musiciens incomparables : Cootie Williams, Lawrence Brown, Jimmy Hamilton, Johnny Hodges, Russel Procope, Paul Gonsalves, Harry Carney et Sam Woodyard.  

Cerise sur le gâteau, le son tout bonnement excellent permet une qualité d’écoute jusque là rarement atteinte. Toute l’histoire du Jazz défile devant nous et, même si certaines œuvres maîtresses telles que "Satin Doll", "In a Sentimental Mood" ou "Prelude to a Kiss" manquent à l’appel, cet album pourrait bien être le sésame idéal pour pénétrer cette œuvre universelle.

 

Découvrez 

                                                                  

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25 avril 2006 2 25 /04 /avril /2006 17:54

Steve Coleman, qui fut d’abord influencé par James Brown et Pfunk avant de rencontrer Coltrane et Charlie Parker, est un musicien mystique. Sufi moderne des cultures musicales urbaines, il cherche sans relâche à apprendre des autres et du monde. Il refuse les carcans, les écoles et leur préfère de loin l’ivresse de l’expérience et des terres vierges aux confins du jazz. Décochant inlassablement des improvisations hypnotiques dans un hallucinant bouillonnement rythmique, il est sans conteste le porte parole de la Great Black Music de ce début de siècle. 

Accompagné ici de la Mystic Rythm Society (groupe de onze musiciens dont le digne héritier Ravi Coltrane), il se rend à Cuba à la rencontre du groupe Afro Cuba de Mantanzas et de leurs tambours batàs. Les obsédantes spirales sonores du Chicagoan percutent alors de plein fouet l’authenticité primitive de la tradition Yoruba, culture ésotérique à l’origine du candomblé brésilien, de la santéria Cubaine et du vaudou Haïtien et dont les racines plongent au Bénin et au Nigeria. 

A l’arrivée, une fusion sublime, dense et tenue,  véritable déferlante discontinue d’appels à la transe auxquels il serait bien vain d’opposer la moindre résistance.



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