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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 00:09

Keith Jarrett est un musicien touché par la grâce, un des artistes majeurs de notre époque. Nourri d’une vaste culture musicale, son style est marqué par un goût absolu pour l’improvisation, un lyrisme empli de liberté. Le trio qu’il forme depuis 1977 avec le contrebassiste Gary Peacock et le batteur Jack DeJohnette est lié par une exceptionnelle cohésion d’esprit, il a atteint un niveau d’interaction et d’invention tout bonnement stupéfiant. Les mélodies sont autant d’envoûtements, d'aériennes envolées à la limpidité évidente, effluves de sensualité sur lesquelles plane l’ombre du Prince of Darkness. 

Avec un tel  hommage le sourire de Miles n’est pas prêt de s’effacer. 

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 09:42

"Dear Ella", l'hommage de Miss Bridgewater à son illustre aînée, évite l'écueil de l'imitation et  de la reproduction servile. Entourée de formidables musiciens -  Lou Levy (piano), Kenny Burrell (guitare), Milt Jackson (vibraphone), Grady Tate (batterie), Slide Hampton (trombone), Cecil Bridgewater (trompette), Antonio Hart (saxophones) et Ray Brown (contrebasse et mari d'Ella Fitzgerald !) - elle  conjugue énergie, virtuosité, swing et grâce dans un tour d'horizon complet des atmosphères emprunté avant elle par Ella : Big Band, trio, duo.  Experte ès scat, à l'aise dans tous les contextes et sur tous les tempos, sensuelle, nuancée et expressive, elle donne de ces chansons une interprétation parfaitement personnelle et enthousiaste. Une voix puissante et torride, une présence incomparable, une orchestration riche et somptueuse, the first lady of jazz n'aurait pu rêver plus bel hommage.

 


                                                                        

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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 16:37

Porté par la polyrythmie élastique de Max Roach, Clifford Brown s’impose en véritable artificier de la trompette : sonorité généreuse et chantante, articulation parfaite, aisance technique à toute épreuve, sens mélodique inouï. Les deux hommes s’associent en 1954 pour constituer avec Richie Powell au piano, l’excellent Harold Land au saxophone ténor et George Morrow à la contrebasse, un quintette explosif proposant un hard-bop éblouissant, euphorique, au swing fiévreux, qui n’a rien à envier aux Jazz Messengers. Premier disque ensemble et déjà un coup de maître. Lyrisme, jaillissement ininterrompu de chorus en haute voltige, le plaisir de jouer est ici palpable, sans esbroufe ni faux semblants. "Jordu" de Duke Jordan trouve ici sa version définitive et les deux compositions de Brownie – l’orientalisant "Daahoud" et le pétillant "Joy Spring" - comptent depuis lors parmi les standards incontournables du genre. Un inégalable bonheur pour des générations d'inconditionnels.

 


                                                              

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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 23:06

Le  père de l’orgue Hammond entouré de la fine fleur de la maison Blue Note, le trompettiste Lee Morgan, le tromboniste Curtis Fuller, Lou Donaldson au saxophone alto, Tina Brooks au ténor, Kenny Burrell, qui se partage la guitare avec Eddie Mc Fadden et, selon les titres, Donald Bailey et Art Blakey à la batterie, pour un répertoire on ne peu plus terre à terre, suintant le blues, ancré dans le gospel, transpirant la soul. Le jeu inépuisable et généreux de Jimmy Smith s’enracine totalement dans les tréfonds de la musique afro-américaine. Chaque touche de son orgue aux allures de chaudière fait monter la pression avec une science démoniaque de l’envoûtement, nous enfonce dans une moiteur euphorique et on se prend à ronronner de concert avec le roi du B3. 

Totalement jouissif.

 


                                                                   

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 02:06

En trio avec Miroslav Vitous à la contrebasse et Roy Haynes à la batterie, Chick Corea, nourri de classique et attaché à ses racines latino-européennes, enregistre en 1968 un album lumineux à la beauté convulsive, un jazz pur, inventif, sans artifices ni concessions. Le jeu alerte et éblouissant du pianiste croise les lignes précises et tortueuses du bouillonnant contrebassiste tchèque sous les déluges du  polyrythmicien Roy Haynes. 

Dans une fantastique impression de cohésion, les harmonies se cherchent et se trouvent, s’intègrent toujours dans une architecture complexe, ingénieuse et surprenante. Dans cette urgence exacerbée, les échanges prennent alors tout leur sens, instants de beauté pure, violemment charnels, transportant sans cesse l’auditeur d’étonnement en éblouissement.


                                                               

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 13:49

 Après six années d’une fulgurante carrière, Eric Dolphy enregistre en février 1964 avec un quintette incisif et ardent comprenant le trompettiste Freddie Hubbard, le vibraphoniste Bobby Hutcherson, le bassiste Richard Davis et le batteur Tony Williams un chef d’œuvre à la charnière du bop et du Free Jazz.  Saxophone alto, clarinette basse, flûte égrènent une musique incroyablement fraîche et déroutante, suite d’images aussi variées que novatrices, équilibre parfait des passages construits et savamment déstructurés. Mélodies mystérieuses et suggestives, zébrures, hachures, délires aériens, en véritable passeur Dolphy fait preuve d'une insolente liberté et laisse libre cours à ses échappées folles. 

Disque difficile mais essentiel, "Out to Lunch" est l'un des piliers d'un jazz libéré, une démarche poétique, qui loin de tout  intellectualisme choisit de faire la synthèse d’une tradition dont il prend plaisir à éclater les formes pour en extraire le suc.

 


                                                             

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 23:10

H.U.M., c'est une longue histoire, un rendez-vous discographique d’un trio à épisodes qui se reforme tous les vingt ans - 1960, 1979 et 1999 - avec comme fil rouge "Airegin", le thème de Sonny Rollins . L’art d’évoluer en se restant fidèle. Daniel Humair, l’un des batteurs les plus talentueux qui soient, inventif et imprévisible, René Urtreger, pianiste attentif, généreux au jeu ancré dans le bop, flamboyant et ingénieux, et Pierre Michelot, contrebassiste à la sonorité naturelle,  ronde, profonde et précise. Autant dire que le batteur, le pianiste et le contrebassiste ont eu le temps, entre chaque album, de mûrir ce qu’ils avaient envie de se (nous) dire.  Peu importe le sens de la visite, chaque époque livre une plénitude nouvelle. De la vélocité jubilatoire  du premier enregistrement aux mélodies lumineuses et immatérielles du dernier, l’échange marque leur musique. Souple conversation d’un triptyque à trois voix qui dynamise et renouvelle un discours musical entamé il y a 40 ans.

 

 

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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 10:55

Ornette Coleman, dans "The Shape of Jazz to Come", la forme du jazz à venir, part des conventions du jazz pour explorer de nouvelles possibilités. Le saxophoniste, accompagné du trompettiste Don Cherry, du contrebassiste Charlie Haden et du batteur Billy Higgins, y aborde la tonalité libre et expose sa nouvelle conception du jazz, qu'on appellera vite free jazz, et qui provoquera bien des polémiques. Loin d'être cérébrale, la musique dégage souvent une beauté abrupte, fragments de mélodies poignantes aux accents étranges, libérées de toute crispation, pour que la musique, enfin, redevienne un jeu...

 


                                                                

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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 11:52

 Quelques années après "Kind of blue" l'autre chef-d'œuvre. 

 Miles Davis renouvelle sa musique, son orchestre et convie la fée électricité à la séance pour enrichir l'espace sonore. Joe Zawinul à l'orgue, John McLaughlin à la guitare électrique, Wayne Shorter au saxophone soprano, un duo de pianistes, Chick Corea et Herbie Hancock, qui s’initient aux joies du fender rhodes, Dave Holland à la basse et le batteur Tony Williams pour une musique aérienne, aux formes abstraites et nébuleuses. Longue plainte méditative fascinante de mélancolie et d'exploration mélodique, qui semble flotter dans les airs, comme en équilibre entre le jazz et le rock de la fin des années 60. 

 


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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 00:06

Stan Getz, gagné par la sérénité, se fait caressant et sensuel. Il s'épanche avec son éternelle décontraction  sur un dédale de standards si souvent parcourus, merveilleux de swing et de fluidité, accompagné d'une section rythmique de rêve : Kenny Barron le dernier confident, Rufus Reid l'inamovible maître du temps à la basse et l’aérien batteur Victor Lewis. Ses notes ondoient, s'élèvent, tournoient dans l'air pour entraîner le public du café Montmartre sur des chemins de paradis perdus. Un concert hédoniste, où celui qu’on surnommait « The Sound »  remet au goût du jour le concept fondamental de plaisir de jouer.


 


                                                                 

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