Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

La Playlist Majazzotheque

Rechercher

Chroniques

Revue de Web

http://imageshack.us/a/img820/3296/bannierehx.png

 

Liens et connections web

Logo-Pearltrees2.JPG

5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 00:09

C’est entouré de son triangle magique Israel Crosby (contrebasse) et Vernell Fournier (batterie) que, dans les années cinquante, Ahmad Jamal révolutionne, sans avoir l’air d’y toucher, l’art du trio. Le rapport de dialogue, voire de conflit, éminemment démocratique qu’il instaure entre piano, contrebasse et batterie, aura une influence décisive sur les futures générations. Jeu fin et feutré, jeu de dynamique et de silences, sens de l’espace,  Miles Davis – son plus grand admirateur - dira de lui « C’est LA façon de jouer du piano » et recommandera régulièrement à ses pianistes de s’en inspirer. 

En 1958, au Pershing de Chicago, les trois hommes enregistrent l’album « But Not For Me » qui remporte aussitôt un succès commercial colossal. Il restera 108 semaines dans le top ten des meilleures ventes, faisant de Jamal le premier jazzman à vendre plus d’un million d’exemplaires du même disque. 

 

 


Repost 0
4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 02:03

"Blue Train" de John Coltrane est un album mythique de l'histoire du jazz 

Le saxophoniste, entouré de Lee Morgan à la trompette, Curtis Fuller au trombone, Kenny Drew au piano, Paul Chambers et Philly Jo Jones respectivement à la contrebasse et à la batterie, propose un album d’un hard bop mâtiné de blues d’apparence relativement classique mais qui transcende véritablement le genre et affirme une singulière personnalité. L'énergie débordante mais maîtrisée qui s’échappe de chaque note du saxophoniste en fait une recherche incessante d'un artiste en quête d’intensité, d’humanité et  de profondeur. 

Un moment d'exception …


 


                                                                    

Repost 0
3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 00:03

Sarah Vaughan « Sassy » - l’insolente - a toujours été considérée comme la plus complète des vocalistes et la plus musicienne des chanteuses. 

En 1954, lorsqu’elle  se lance avec Clifford Brown dans l’enregistrement de cet album, elle est déjà une immense vedette. Une voix dorée dans le grave, aérienne dans l'aigu, follement sensuelle dans le médium. Une technique renversante mise au service de l'expressivité. La quintessence de la chanteuse de jazz. 

Le trompettiste - accompagné par l’aérien flûtiste Herbie Mann, Paul Quinichette au ténor, Jimmy Jones au piano, Joe Benjamin à la basse et le batteur Roy Haynes - distillant ses soli et contre-chants sur des arrangements minimalistes de Ernie Wilkins est plus inspiré que jamais. Il éclaire de coups de génie un répertoire de standards qui retrouvent une fraîcheur juvénile. 

 


                                                                   

Repost 0
2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 00:59

McCoy Tyner, membre pionnier du légendaire quartet de John Coltrane, s’entoure de Joe Henderson au saxophone et Ron Carter à la contrebasse et retrouve son vieux compagnon Elvin Jones à la batterie. Avec un art de l’allégresse, ce pianiste percussif au phrasé incisif et bouillonnant impose avec puissance un art vibrant et généreux. 

Dans "Passion Dance" qui traduit l’état de transe d’une danse rituelle, le swing surgit de chaque note qu'il joue ou qu'il confie à ses compagnons. Dans les ballades, le discours se fait profond et serein. Un disque lyrique, fort et en tout point sensuel.



                                                                      

Repost 0
1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 00:16

Pour cet album, Wayne Shorter forme un quintette de feu, réunissant la trom­pette pyrotechnique de Freddie Hubbard, le piano incisif de Herbie Hancock, la basse ondoyante de Ron Carter et les roule­ments d’Elvin Jones.  

Les thèmes écrits par le saxophoniste sont d’une sombre beauté, d'une grande subtilité mélodique, donnant vie aux paysages brumeux et fantômatiques de son imaginaire. Il est aussi question ici d’une musique de l’intuition, d’un lyrisme retentissant accompagné d’explosions de virtuosité. Le jeu en quintette se développe, émoustille le leader, le tient en haleine, laissant libre cours aux soli hypnotiques de ce digne héraut d'un hard bop poignant et fougueux pour dire et jouer la liberté autrement.

 

                                                                                            
Repost 0
1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 00:00

En septembre 1948, Miles se produit en première partie de Count Basie au club Royal Roost.  C’est l’occasion pour lui de présenter son tout nouveau nonette, formation inhabituelle dans une instrumentation qui ne l’est pas moins. Le cor anglais et le tuba, le trombone et le saxophone baryton se partagent la vedette avec les autres instruments rois du jazz. En 1954, une partie de ces faces est regroupée dans un 33-tours 25 cm, puis, en 1957, la totalité dans un 30 cm, sous le titre Birth of the Cool. 

D'une sensibilité nouvelle et arrangées très audacieusement par Gil Evans et Gerry Mulligan, ces sessions semblent intemporelles. Les tempos tranchent avec les vivacités du bebop, les rythmes sont plus souples, les mélodies jouées avec douceur, les improvisations privilégient la décontraction et la suavité

Cette collaboration entre Gil Evans et Miles Davis, servie par les solistes de haut vol que sont  J.J. Johnson, Lee Konitz,  Gerry Mulligan, John Lewis, Max Roach ou  Keny Clarkle aboutit à l’acte de naissance du jazz cool, le début d’une belle aventure dont la modernité poétique  prendra ses quartiers sur la Côte Ouest.



                                                    

Repost 0
28 février 2006 2 28 /02 /février /2006 00:17

Si la formule du duo piano-guitare a en soi de quoi dérouter l'auditeur au premier abord, elle se révèle vite précieuse, tant une semblable exigence à capturer l'essence même de la musique anime les deux protagonistes. 

Bill Evans développe un piano au swing méditatif, se jouant des climats, des couleurs, du silence comme d'un élément dramatique et structurant qui lui confère un supplément d’âme. Jim Hall, sobre et intimiste, déploie un jeu langoureux, limpide et fluide.

Deux génies de l'improvisation pour une série de duos empreints de poésie lunaire qui conduit l’auditeur à s’évader au détour de paysages tendres.

 


                                                                   

Repost 0
27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 00:24

Une rencontre entre deux musiciens plutôt en marge : la chanteuse Jeanne Lee dont les collaborations les plus marquantes furent aux côtés des pionniers de l'avant garde et le pianiste Ran Blake, se présentant lui même comme un interprète du troisième courant - sorte de pont entre le jazz et la musique classique -, tout particulièrement influencé par Bela Bartok et Igor Stravinsky. Son jeu, caractérisé par une attention extrême portée aux moindres nuances du discours musical ainsi qu’une économie rigoureuse dans la gestuelle et dans la nuance des timbres, souligne et accentue la voix aiguisée, profonde et tellement libérée de sa partenaire. 

Alors, le chant se fait insinuant, longue plainte modulée jusqu'aux confins du souffle, grave sans être rauque. Jeanne Lee étreint les textes autant qu'elle les chante, au plus près de leur chair avec une musicalité et une sincérité bouleversantes. 

Mention spéciale pour le titre "he's got the world in his hands" à tomber à genoux !


                                                                   

Repost 0
26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 00:28

Lester Young est de ces musiciens dont les dernières années, jusqu’aux ultimes traces, nous plongent dans une aube crépusculaire au swing indolent qui prend au tripes. 

Porté par une rythmique de rêve emmenée par un Teddy Wilson au toucher tout en finesse et à l’intelligence harmonique rare, Gene Ramey à la contrebasse et l'aérien Jo Jones à la batterie, il oscille entre une volubilité paresseuse et l'abandon pur et simple. 

Le souffleur puise dans son sens de la ballade, glisse sur l’art de l’effleurement de son timbre plein, aérien et légèrement vacillant. Il y a, dans ses phrases qui traînent une fraîcheur virginale préservée, un vertige existentiel qui le consume à petit feu. 

Sans doute l'un des albums de Lester Young les plus touchés par la grâce de cette sombre luminosité.

 


                                                                     

Repost 0
25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 00:07

Le 18 janvier 1938, le jazz reçoit ses "Lettres de Noblesse" au Carnegie Hall de New York. Benny Goodman, "the king of swing", s’empare de la prestigieuse salle de concert, jusque-là réservée à la musique classique,  pour y jouer un programme exclusivement dédié au jazz, joué par des musiciens noirs et blancs. « Je me sens comme une pute entrant dans une église... » lancera Harry James en entrant le premier sur scène. Au piano Teddy Wilson, tout d’élégance et de modernité, au vibraphone Lionel Hampton, virtuose ébouriffé de swing, à la batterie Gene Krupa, assurant le spectacle, Buck Clayton, Lester Young, Freddie Greene, Basie lui-même se mettant au piano, Cootie Williams, Johnny Hodges,  Harry Carney… En trio, en quartette et en big band, le maître passe en revue tout ce que le jazz compte  de swing, d’acrobaties rythmiques, de breaks ou de solos devant une salle comble, tout d’abord médusée avant de s’emballer devant un Benny Goodman au sommet de son art. 

Un concert historique, même si le son d’époque ne peut être que ce qu’il est, prémisse de reconnaissance du jazz comme une forme artistique majeure et sans aucun doute un des seuls événements joyeux à retenir au crédit de 1938.

 


                                                                   

Repost 0