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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:37

 Est-il encore nécessaire de présenter ce monument ? Miles Davis de passage à Paris se voit proposer de créer la musique du premier long métrage que Louis Malle, alors âgé d’à peine vingt-cinq ans, vient de terminer, Ascenseur pour l’échafaud.

Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke, l’œil rivé à l’écran improvisent alors en une nuit, sur quelques idées esquissées par Miles Davis : un parfait contrepoint aux images du film.

La musique chaloupe, terrible et lumineuse, inéluctable presque décontractée. Enveloppée dans son manteau de nuit, elle accompagne les protagonistes jusqu’au bout de leur destin.




 

 

« ...j'étais un cinglé de jazz...la musique d'Ascenseur est unique. C'est l'une des rares musiques de film qui ait été entièrement improvisées... Je passais les séquences sur lesquelles on voulait mettre de la musique, et il commençait à répéter avec ses musiciens ...le film en était métamorphosé... quand on a ajouté la musique, il a soudain décollé. » - Louis Malle

                       
                                                                    
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14 août 2006 1 14 /08 /août /2006 14:56

Cette fois ci, la messe est dite... Miles allume la chaudière du binaire, le diamant se craquelle et des torrents de lave fusion se répandent sur les 70's. Dépassant son statut de génie du jazz, the Prince of Darkness devient star, sa stature de gourou surplombe la jungle urbaine dans laquelle feulent ses entrelacs de rythmes vaudous qu’arpente une basse panthère noire. Plus question ici de thème, le rythme qui se déverse sert autant de moteur que de matériel thématique et Miles seul soliste surfe sur le magma sonore généré par les claviers de Joe Zawinul, Chick Corea et Larry Young, la guitare tendue de John McLaughlin, le sax acéré de Wayne Shorter, les fûts incantatoires de Jack DeJohnette, Jim Riley, Charles Alias, la basse hypnotique de Dave Holland ou Harvey Brooks et les plaintes animales de la clarinette basse de Bennie Maupin. 

  

                                       

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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 11:52

 Quelques années après "Kind of blue" l'autre chef-d'œuvre. 

 Miles Davis renouvelle sa musique, son orchestre et convie la fée électricité à la séance pour enrichir l'espace sonore. Joe Zawinul à l'orgue, John McLaughlin à la guitare électrique, Wayne Shorter au saxophone soprano, un duo de pianistes, Chick Corea et Herbie Hancock, qui s’initient aux joies du fender rhodes, Dave Holland à la basse et le batteur Tony Williams pour une musique aérienne, aux formes abstraites et nébuleuses. Longue plainte méditative fascinante de mélancolie et d'exploration mélodique, qui semble flotter dans les airs, comme en équilibre entre le jazz et le rock de la fin des années 60. 

 


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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 00:00

En septembre 1948, Miles se produit en première partie de Count Basie au club Royal Roost.  C’est l’occasion pour lui de présenter son tout nouveau nonette, formation inhabituelle dans une instrumentation qui ne l’est pas moins. Le cor anglais et le tuba, le trombone et le saxophone baryton se partagent la vedette avec les autres instruments rois du jazz. En 1954, une partie de ces faces est regroupée dans un 33-tours 25 cm, puis, en 1957, la totalité dans un 30 cm, sous le titre Birth of the Cool. 

D'une sensibilité nouvelle et arrangées très audacieusement par Gil Evans et Gerry Mulligan, ces sessions semblent intemporelles. Les tempos tranchent avec les vivacités du bebop, les rythmes sont plus souples, les mélodies jouées avec douceur, les improvisations privilégient la décontraction et la suavité

Cette collaboration entre Gil Evans et Miles Davis, servie par les solistes de haut vol que sont  J.J. Johnson, Lee Konitz,  Gerry Mulligan, John Lewis, Max Roach ou  Keny Clarkle aboutit à l’acte de naissance du jazz cool, le début d’une belle aventure dont la modernité poétique  prendra ses quartiers sur la Côte Ouest.



                                                    

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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 11:59

English version

Indispensable, incontournable, inégalable... 

Kind of Blue» est un album unique, parfait, l’album de Jazz le plus vendu au monde, considéré comme l’un des plus influent de tous les temps.

 Miles Davis envoie valser les grilles d’accords, ossatures obligées de toutes pratiques jazzistiques jusqu’alors, pour ne retenir qu’un simple canevas harmonique. Un dépouillement presque choquant mais propice à de longues plages d’improvisation à même de laisser la créativité de chaque musicien explorer la mélodie jusqu’à son essence.

  Le trompettiste espère ainsi renouer avec les sonorités africaines, les airs entêtants de gospels entendus enfant alors qu’il voyageait avec son père dans l’Arkansas.

 Il n’en sera rien. 

Le pianiste Bill Evans, qui vient de quitter le groupe pour créer son légendaire trio et parce qu’il ne supportait plus les remarques raciales d’une partie du public et de Miles lui même à été rappelé pour l’occasion. Grand connaisseur de Ravel ou Rachmaninov, il impose paisiblement un climat flottant, impressionniste, emprunt de musique européenne.

Son influence est telle qu’il co-écrit deux des titres de l’album : Blue in green à partir d’un accord suggéré par Miles et Flamenco Sketches, développement d’un morceau « Peace piece » qu’il a enregistré en solo quelques mois plus tôt. Miles Davis suivant une longue tradition du jazz se les appropriera. Après tout n’en avait il pas été de même pour lui lorsque jeune recrue du groupe de Charlie Parker il s’était fait dessaisir de la paternité du si populaire Donna Lee ?

Voila certainement le plus grands talents de Miles Davis, savoir s’entourer des meilleurs et réussir à concevoir une œuvre d’une pureté telle qu’elle sublime la somme des éléments individuels qui la compose.

Tout au long de l’enregistrement John Coltrane expérimente certaines de ses recherches contemporaines, véritable début d’une quête quasi religieuse qui l’entraînera vers des sphères alors inexplorées.

Cannonball Adderley,  lui au contraire replonge dans les entrailles du blues pour y puiser ses mélodies virtuoses et fougueuses avec une évidence quasi miraculeuse. Les lignes de basses souples et puissantes de Paul Chambers s’entremêlent au jeu tout en finesse du batteur Jimmy Cobb, assurant au groupe la plus formidables section rythmique dont on puisse rêvé.

Wynton Kelly quant à lui ne tiendra le piano que sur un titre : Freddie Freeloader, un blues inspiré d’un resquilleur qui tentait régulièrement de suivre les concerts du groupe sans s’acquitter du billet d’entrée. Un choix qui s’impose comme une évidence tant le blues dans toutes ses subtilités n’a plus aucun secret pour lui.

Les séances d’enregistrement ne sont pas préparées, aucunes répétitions, à peine quelques fragments annotés de la main de Miles quelques heures avant de rentrer en studio. Les musiciens découvrent la musique au fur et à mesure qu’ils la font, rien ne doit venir troubler la spontanéité de cette création de l’instant.

Et le miracle eu lieu, Kind of blue est un modèle de musique improvisée, une exploration douce et intimiste d'une sensualité prodigieuse pour de purs moments de tensions et d’apesanteur.  

 



                                                  

 

English version

 

Indispensable, essential, unsurpassable... 

 “Kind of Blue” is a unique and perfect record, the best-selling jazz album in the world, considered one of the most influential of all time.

Miles Davis casts asides chord sequences, a rigid framework which until then had been compulsory for all jazz compositions, retaining only a simple canvas of harmonies. This almost shocking paring-down lends itself to long improvisations, giving free reign to the creativity of each musician to explore and get to the heart of the melody.

The trumpeter was hoping to get back in touch with African sounds, the emphatic notes of the gospel music he heard when he travelled in Arkansas with his father as a child.

It turned out to be nothing of the sort.

Pianist Bill Evans, who - unable to tolerate the racist remarks made by a section of the public and by Davis himself - had just left the group to form his legendary trio, was called back for the occasion. A connoisseur of Ravel and Rachmaninov, he calmly creates a flowing, impressionist mood, inspired by European music.

His influence was such that he co-wrote two of the album’s tracks: “Blue in Green”, based on a chord suggested by Davis, and “Flamenco Sketches”, the fleshing-out of a fragment called “Peace Piece” which he had recorded alone a few months before. In accordance with a long-standing jazz tradition, Miles claimed them for his own. After all, hadn’t the same thing been done to him when, as a young recruit in Charlie Parker’s group, he was relieved of the authorship of the highly popular “Donna Lee”? 

This was certainly Davis’s greatest talent: surrounding himself with the best and creating a body of work of such purity that it is greater than the sum of its individual parts.

Throughout the recording, John Coltrane put into practice some of his more modern experiments. This was the start of a quasi-religious quest which would lead him to hitherto-unexplored spheres.

Cannonball Adderley, on the other hand, returns to the roots of blues to find lively virtuoso melodies with an almost magical simplicity. Paul Chambers’ lithe and powerful bass line intertwines with drummer Jimmy Cobb’s elegant playing, giving the group the most talented rhythm section imaginable.

Wynton Kelly took to the piano on only one track: “Freddie Freeloader”, a blues number inspired by a gatecrasher who regularly tried to get into the group’s concerts without paying for a ticket. This was a natural choice, as the blues genre in all its subtlety held no secrets for Kelly.

The recording sessions were not prepared and there were no rehearsals, only a few fragments scribbled down by Davis a few hours before entering the studio. The musicians were to discover the music as they played, nothing was to disturb the spontaneity of this off-the-cuff creation.

And the miracle happened. “Kind of Blue” is a model of improvised music, a tender and deeply personal exploration of tremendous sensuality, generating moments of sheer suspense and lightness.

 

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