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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 10:37

Dans le panthéon des grands du jazz Thelonius Monk occupe une place unique et singulière. Peu de compositeurs ou d’improvisateurs peuvent supporter la comparaison avec le pianiste en terme d’originalité.

Brilliant Corners étant incontestablement l’un de ses meilleurs albums, autant dire – pour faire simple – que nous sommes ici en présence de l'un des plus grands disques de jazz.

Bien que Monk se soit entouré de la crème du jazz de l’époque - comme les saxophonistes Sonny Rollins et Ernie Henry, le batteur Max Roach, le trompettiste Clark Terry ou encore le bassiste Oscar Pettiford parfois remplacé par Paul Chambers -  le morceau éponyme, composition totalement révolutionnaire pour l’époque, est d’une telle complexité qu’il fit suer sang et eau aux les musiciens réunis. La séance a duré 4 heures et a nécessité 25 prises pour un seul enregistrement composé de fragments des diverses prises !!

Pour Monk cette musique était évidente et il ne comprenait pas pourquoi ces coéquipiers avaient tant de difficulté à la jouer correctement. Ceci suscita une telle tension entre les musiciens que Pettiford ne voulut plus jamais jouer avec le pianiste.

Autre sommet de l'album,  un Pannonica, particulièrement émouvant, d’une terrible intimité, composée pour la baronne Pannonica de Koeningswarter, chez qui le pianiste passa les neufs dernières années de sa vie muré dans le silence.

Reste le "Ba-Lue Bolivar Ba-Lues-Are" (ou simplement «Blues Bolivar", comme il a été plus tard rebaptisé) – ou l’art et la manière de tordre un genre aussi familier que le blues, pour en faire une oeuvre au son totalement étranger et à la mélodie en permanent décalage . Un classique Monkien.

Brillant… vous avez dit brillant ?

 

                                                                   
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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 19:54

Formation mythique, le quartette unissant Thelonious Monk et John Coltrane s'est produit au Carnegie Hall pour deux concerts donnés le 29 novembre 1957 avec une rythmique constituée du contrebassiste Ahmed Abdul-Malik et du batteur Shadow Wilson. Aucun enregistrement documentant ce périple ne semblait exister, jusqu'à ce qu’en février 2005, Larry Applebaum trouve sur les étagères de la  Library Of Congress des bandes sur lesquelles on peut lire "Carnegie Hall Jazz 1957". Quand il voit marqué au dos de l'une d'entre elles "T. Monk", il comprend qu'il tient une pépite entre les mains. 

Près d'une heure de bonheur absolu durant lesquelles le quartet enchaîne des classiques Monkiens attaqués avec un mordant, une énergie joyeuse en tout point jouissifs.  

Les enchevêtrements synergiques des deux musiciens font merveille,  Coltrane ne court pas simplement les accords mais structure ses solos sur la plénitude des idées mélodiques et rythmiques de Monk. Le pianiste le laisse voler sur les courants aériens ascendants de l'énergie créés par le tandem basse/batterie avant de faire valoir ses droits de docteur es tensions-et-dissonances, ponctuant le discours de complexités rythmiques et harmoniques qui semblent encore stimuler l'exploration du saxophoniste dans une osmose à chaque instant renouvelée. 

Qui plus est, la prise de son est excellente. 

Que rajouter sinon que la "Library of congress" estime détenir quelques 2,5 millions d'enregistrements radio dans tous les formats possibles…

 

                                                               

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 21:03

"Straight, no Chaser", enregistré en quartet avec Charlie Rouse au ténor, Larry Gales à la basse et Ben Riley à la batterie est le disque de la maturité absolue. 

Grand prêtre de la dissonance, se jouant du silence autant que de la note pour mener au grandiose son sens du swing déséquilibré, le pianiste se permet toutes les audaces, reprend un air traditionnel japonais ou pousse le dépouillement sonore jusqu'au silence lorsque Charlie Rouse s’épand sur "Straight no Chaser". Le saxophoniste n’en a d’ailleurs cure, avec ou sans accords impossibles de Monk, il est ici comme un poisson dans l'eau et à chaque instant fait montre une insolente facilité. Monk brouille les pistes, il a ses propres lois et en dispose seul. Son jeu déroute. Novateur, chaque note résonne pourtant du stride de James P. Johnson. Totalement personnel, en marge de tout courant, Monk joue du Monk et c’est pourtant toute l’histoire de la musique afro-américaine qui défile sous ses doigts. 

Musique universelle et atemporelle, féroce et dansante, complice mais piégeuse, les airs du moine sphérique n’ont pas fini de nous faire tourner le sang.

 


                                                               

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6 février 2006 1 06 /02 /février /2006 00:33

L’univers sonore pianistique de Monk est peuplé d’audaces harmoniques, de phrases abruptes déroulées parfois sur toute l’étendue du clavier, articulées avec un swing percutant, et de silences soigneusement sculptés. Il taille, soustrait, procède par retranchement. Là où la plupart des musiciens ajoutent, lui ôte. Il ne frappe l’ivoire que lorsque l’instant lui appelle une note, un accord, une dissonance. Il propose ici quatre de ces thèmes qu'il remet régulièrement sur le métier, une nouvelle composition et trois standards, dont deux interprétés en solo absolu dans ce style âpre et dépouillé qu'il affectionne. Sur les plages en quartet, le swing est dense, la rythmique solide, le ténor de Charlie Rouse massif, et le piano imprévisible mais d'une logique interne imparable derrière ses dehors chaotiques. Chacune de ces interprétations est une pièce unique, inimitable : du pur Monk en d'autres termes. 

Un disque gorgé d’énergie et du plaisir de jouer.

Une célébration. 


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